510672745_09f77c4c23_b-18927COMBIEN COUTERA L'IMPACT ECOLOGIQUE ??

Ces derniers jours, le Président de la République, François HOLLANDE s'est rendu en Polynésie française. Il n'aura échappé à personne sa déclaration formelle sur la reconnaissance de l'impact des essais nucléaires réalisés par la France entre 1966 et 1996. Nous pensons que ce n'est qu'un moindre mal que de reconnaitre ses erreurs. Pas les siennes certes, mais celles de notre Etat dont M. Hollande est en ce moment le représentant. Car il s'agit bien d'erreurs qualifiées  pour ces 193 explosions aériennes et souterraines. Le recul de 20 ans depuis les derniers essais nous permettent de juger ces actes avec une plus grande sérénité. Dans le même esprit, dès la fin de la seconde guerre mondiale, les américains se sont aussi lancés dans la frénésie "nucléaire militaire" en rasant de la carte du monde une petite ile des Marshall, BIKINI. La différence avec la France, c'est que les américains ont déplacé les populations. Par contre, comme pour les installations françaises de l'atoll de MURUROA, les effets sur la faune, la flore et la géologie marine sont inqualifiables et pour certains, imprévisibles et non quantifiables dans le temps. S'agit-il de 200 ans (peu probable) ou 1000 ans, personne ne le sait. 

Nous avons le beau rôle à vouloir fourbir de critiques la catastrophe de Tchernobyl, mais nous aimerions que nos dirigeants, et l'armée en priorité prennent conscience officiellement sur les dégats sans limites qui ont été fomentés. Les populations exposées, oui, mais notre propos ici ira en priorité vers les nombreux impacts sur l'environnement. Qu'en est-il alors des coraux radioactifs ou des excès mesurés de plutonium dans l'atoll lui même? A propos des coraux, l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) a mesuré dans les sous-sols de l'atoll 13279 tetrabecquerels (TBq) en 1998; soit 2 ans après le dernier essai. La loi du 13 juin 2006 sur la transparence exonère les installations militaires nucléaires de comparaisons. Cette même année, le Gouvernement polynésien a missionné le Criirad pour analyser l'état radiologique du site, sans la moindre possibilité de suite. Et pour cause...! Le projet de classement du site en zône de stockage de déchets radioactifs qui aurait permi, à terme, de procéder à une décontamination, n'a pu avoir lieu.

Concernant les explosions souterraines, les fonds marins ont été fragilisées et rien ne nous dit que nous ne pourrions un jour échapper à des effondrements ou à des glissements qui auraient pour conséquence de provoquer un tsunami du style que nous avons connu en 2011 à FUKUSHIMA. Sur ce point, les autorités sont à l'affut de risques majeurs incontrôlables. Les effets présumés sur l'ADN (héréditaires) sont nombreux et nous ne pouvons absolument pas évaluer le nombre de maladies dégénératives ou de cancers qui se développeront dans 1 ou 2 siècles.

Voilà la situation. M. HOLLANDE avait-il un autre choix que celui de reconnaitre l'impact de ces essais nucléaires ? Certainement pas. En quelque sorte, nous sommes en présence d'une forme de repentance (?!) au nom du peuple français comme le Président CHIRAC le fit un jour pour l'extermination du peuple juif pendant la période d'occupation par les nazis. Cause différente, mêmes effets...! Puisse la Polynésie toute entière accepter cette forme de regrets. 

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE