10994053_449396948562393_6786421090541062782_nAllons nous conserver ce GOÛT du TERROIR ? 

Il y a quelques années, le département de la Manche a lancé cette initiative intitulée "Manche TERROIRS". En fait, il s'agisssait à l'origine de valoriser les produits agricoles. Nous avons considéré que ce fut une excellente initiative qu'il faudrait soutenir et développer, car non seulement elle est utile pour notre économie locale mais surtout elle permet aux jeunes notamment de ne pas perdre le goût des choses ou des produits. 

Au moment où l'agriculture traverse une crise sérieuse, nous assistons à de nombreuses déviances particulièrement dangereuses pour l'avenir. 

Tout d'abord, nous avons découvert les projets de type "1000 vaches" très controversés et nous le comprenons. Comment imaginer que notre agriculture de demain puisse  se laisser aller à des solutions "hybrides" comme celles-ci ? Alors que les animaux ne verront plus jamais les près...finie l'herbe grasse de nos pâturages...finis les bons fromages de nos régions avec un goût si particulier..et finie une bonne viande grillée sur le barbecue dominical. Tout cela sera à mettre au passé. Dans quelques générations, l'on reviendra peut-être à ce que nous connaissons. Pour l'heure, ce n'est pas dans l'ordre des choses. Nous savons bien que ces solutions n'auront jamais l'aval des populations, pas plus que des importations "TAFTA" pour bipèdes boutonneux, mais nos gentils industriels de la finance sont là pour veiller au grain..de leurs états boursiers. Qui nous parle de santé publique ou d'empoisonnements avérés par des pesticides bien moins dangereux qu'on veuille nous faire croire? Tout cela n'est que bla bla et ridicule à souhait. Chacune des familles ayant subi des maladies cancéreuses ne seraient, dit-on, que des colporteurs malfamés à la solde des services sociaux avides de "casser" la machine économique bien en place. Allons, un peu de sérieux ne nuirait à personne !!  Chacun sait parfaitement comment sont traités les maïs et sojas du Brésil ou du middle west américain. Toutes ce semences ne sont pas arrosées à l'eau claire, même si, sur cette planète, il nous faut beaucoup de persuasion et de courage pour trouver de l'eau claire...!   

Autre sujet qui nous fait réagir à propos du "goût". Nous voyons apparaitre des installations de serres de tomates hors sol chauffées. Jusqu'à présent, nous échappions à cette filière, précisément à cause du chauffage trop coûteux. Mais le miracle est apparu avec les techniques de cogénération. Deux exemples ont retenu notre attention. L'un est situé en Gironde dans le Libournais où ce sera le site d'enfouissement qui produira la chaleur nécessaire pour les serres. Si nous apprécions que la chaleur produite par les déchets soit utile à la société, n'y aurait-il pas d'autres perspectives  quant à son utilisation finale? Le second exemple, plus proche de nous, car situé à Brécey dans la Manche, où un groupe hollandais va investir là aussi dans des serres de tomates hors sol et soutenu par la communauté de communes. Pour ce projet (25 Ha de serres) il est prévu de produire 50 tonnes de tomates par jour, soit 9 000 T / an. Y a t-il un réel marché pour cette "niche" économique? Ou est-on en passe de créer cette "bulle" dans le but d'affaiblir les pays du sud (Maroc, Mautitanie, Tunisie, Sénégal) qui eux, n'ont pas trop besoin de chauffage? Dans les deux cas, les élus se lancent dans des sempiternelles explications ayant trait à la lutte contre le chômage. Ce dernier a le beau rôle...pour une fois...!

Mais dans tout cela, a t-on réfléchi à ce que sera le goût de ces produits ? Qu'il soit insipide ou non, peu importe, le principal n'est pas là. La niche est créée, c'est bien là l'essentiel. Et si, par hasard, dans quelques années, ces projets s'avèrent si peu rentables qu'on procédera au démentèlement...à la charge des citoyens-contribuables. Concernant la qualité des produits, en Normandie, Michel ONFRAY a créé l'université du goût. Peut-être pourrions-nous suggérer à ces nouveaux industriels en herbe de prendre contact avec lui. Quoi qu'il en soit, nous français, sommes attachés à des produits de terroirs au goût prononcé comme le sont tous nos ingrédients de table (pommes de terre, haricots, tomates, fromages, beurres, crèmes etc...) et feront tout pour que perdure des siècles durant cette philosophie humaine de premier ordre. 

 

Jean-Paul PERCEVAL