Granvil_DD

 

TRANSGRESSIONS  PERMANENTES...

Le terme "DEVELOPPEMENT DURABLE" paraissait tellement compréhensible que beaucoup d'entre nous n'y prêtent guère attention. Erreur fatale..! Partout où cela est possible, ne serait-ce qu'une toute petite brèche de souriceau, le lobbyiste ou son vassal du moment, totalement à sa merci, s'engouffrera dans cet espace réduit. Tous les chemins sont empruntables pourvu qu'ils facilitent un asservissement. Les résultats positifs de la grande Conférence de Paris (COP 21) nous avaient donné l'espoir de percevoir l'émergence de pratiques collectives nettement améliorées par un certain nombre de nos chers élus. Mais l'appétit financier, complété par une réduction drastique des dotations d'Etat, provoque chez ces derniers une résurgence comportementale inappropriée pour le bien-être des citoyens.

 

Ce behaviorisme se constate un peu partout et Granville ne va pas échapper au phénomène. En effet, nous le constatons dans cette petite ville du littoral normand. Tout d'abord, s'il y a bien un PLU à l'étude depuis de nombreuses années, accompagné toutefois de plusieurs recours administratifs justifiés, il n'existe aucune réflexion sérieuse en amont sur le devenir de la ville et de son agglomération. L'impression qui nous est donnée ressemble à un amateurisme "éclatant" sans aucune perspective durable. Ce PLU est établi par le "petit bout de la lorgnette" en fonction des préoccupations de l'instant, nonobstant toutes les considérations induites, et surtout pas celles provenant du secteur communautaire adjacent. Qu'en sera t-il lors de la fusion avec la commune de Donville les  Bains? 

Pourtant les aspects "urbanistiques" locaux sont à manipuler avec la précaution d'usage, au risque un jour de voir un quartier devenir "fantôme" comme celui de Pirou que beaucoup connaissent dans la Manche. Un exemple majeur se situe sur le Quartier en devenir de la Clémentière. Pas moins de cinquante hectares agricoles sont gelés pour réaliser un "simili éco-quartier" de 1500 logements, alors qu'aucune étude sérieuse en amont n'a imaginé le devenir de Granville en terme d'emplois. Sur ce point précis, la frénésie immobilière alimente en vrac les vicissitudes électoralistes, alors que dans le même temps, un renforcement du parc immobilier existant ne fait l'objet d'aucune attention particulière. De même pour la partie attractive de la zône centre, et du "poumon vert local"  le Val ès Fleurs. Aucune action constructive définie par le terme "durable" ne voit le jour ni même en instance sur un dessus de dossier. Chaque granvillais que nous rencontrons dans la rue vous ressassera le même discours "Le Maire veut faire de Granville un bling bling"...C'est cela la réalité..!

Comment parvenir à ce "Paradis virtuel" du bling bling ?

Le moyen le plus simple c'est la fameuse extension portuaire bringuebalante depuis 20 ans. Dans ce secteur, appartenant au Département, hors de contrôle de la ville (en partie seulement) mais absent de toute incidence "loi Littoral", tous les espoirs sont permis. Des milliers de mètres carrés SHON pourraient alors être créés, au grand dam des défenseurs d'un environnement équilibré et rationnel souhaité par la COP 21 et pas seulement. Ce système "bétonneux" accessible à des citoyens aisés et agés aurait, outre le danger environnemental, l'inconvénient de réaliser des équipements pour "séniors" non programmés. Et un hôpital prochainement fermé...!

 

Le phasage actuel du stationnement en ville ne saurait alors être que le premier étage de la fusée granvillaise; ou encore la face cachée de ce qui attend la population dans les proches années. Selon nos informations, une grande société de BTP, serait sur le point d'amorcer la "pompe à fric", non seulement pour ce qui traite des stationnements payants actuels, mais aussi, et surtout, d'une recomposition étagée de la Fontaine Bedeau, plus les moles portuaires présentant un intérêt majeur pour la constructibilité. 

Qu'en sera t-il de la physionomie de Granville en 2050 ? Beaucoup d'entre nous se contenteront de reporter la réflexion sur les générations futures. Toutefois, une idée s'impose; respecter notre environnement et ne jamais aller à contre-courant des phénomènes naturels. Depuis de nombreuses années, nous en subissons les effets avec une inconscience pervertie. La croisée des chemins devient visible à l'oeil nu, sommes-nous en situation pour contrer ces perversités? Nos chers élus sont-ils à la hauteur des évènements sous-jacents ? La manière dont est gérée la "crise" actuelle du stationnement nous amènent à nous interroger. La "DEMOCRATIE" est dévoyée et trop souvent utilisée à des fins plus personnels que collectifs. Les inventeurs de la démocratie antique, eux, l'avaient parfaitement compris.   

 

Guillaume VERNUCHET

ECOLOGIE NORMANDE