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Des PAYSAGES en état de mort cérébrale...?

 Dans son numéro du 10 novembre 2016, l'hebdo PARIS MATCH, sous la plume de sa reportrice Isabelle Léouffre, retrace le calvaire d'un agriculteur céréalier du Cher, Jean-Marie Desdions, victime d'un cancer de moelle osseuse à cause, semble t-il, d'utilisations régulières des années durant de pesticides deonjt le chlorobenzène du Lasso de Monsanto. Selon ses médecins et les experts, ce serait cette molécule qui a déclanché son myélome, cancer de la moelle osseuse, dont il doit lutter au quotidien, sans réelle chance de survie.

Si les dégâts causés par ces molécules de mort ne sont pas nouveaux, il nous faut réagir, alors que les deux géants mondiaux du secteur "Monsanto et Bayer" viennent de fusionner, provoquant des inquiétudes légitimes. Qu'elle en est la réelle motivation? Nous ne le savons pas vraiment, tout juste la soupçonner. Une chose pourtant est certaine, il sera de plus en plus compliqué pour nos "paysans" de lutter contre ce fléau. Les géants mondiaux de l'alimentaire (c° l'article de PM) empoisonnent d'un côté pour pour soigner de l'autre.Le paradigme est simple pour ces multinationales, il faudra nourrir 10 milliards d'habitants en 2050, et à peu de frais. Ce qui sous-entend que les agricultures de substitution (bio par ex.) ne sont pas vraiment à considérer. Pourtant, des grands chefs cuisiniers sont affolés et ont publié une lettre ouverte intitulée "contre l'invasion de l'agrochimie dans nos assiettes".

Nous ne pouvons ici réécrire la totalité de cet article de Paris Match et nous invitons chacune et chacun à une lecture de ce document très intéressant. Toutefois, il nous parait utile de rappeler qu'avec ses 66 000 tonnes déversées sur ses terres, la France est est le premier utilisateur de pesticides en Europe et le quatrième dans le monde. Le Gaucho, insecticide et fongicide, commercialisé par Bayer , provoque des troubles neurologiques chez l'humain. Les populations les plus touchées sont des hommes de 40 à 50 ans, céréaliers, viticulteurs et arboriculteurs qui ont développé l'agriculture intensive depuis les années 1950 jusqu'à la fin du 20° siècle. 

La généralisation de l'utilisation des pesticides et des fongicides a provoqué une disparition des coccinelles et de certains "insectes utiles". D'autres, comme le Gaucho a eu des répercussions sur les abeilles, pourtant indispensables à notre biodiversité. Les tribunaux ont pourtant été saisis sur ce sujet, cela a été reconnu, mais que faisons-nous maintenant? Au nom d'une économie encore très productiviste, il semble bien que le choix a été le suivant : "il est urgent de ne rien faire...". Le cas présent de ce céréalier du Cher n'est pas isolé car il y en a des centaines (voire plus) qui comme lui ont été contaminés. Mais il nous faut rappeler que toutes pollutions confondues, selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), il y aurait chaque année 40 000 décès. Quand ces messieurs des lobbies comprendront-ils que la peine de mort est abolie depuis 35 ans...? 

Notre homme du moment, Jean-Marie Desdions, se pose désormais une multitude de questions sur l'avenir de cette agriculture et des conséquences induites. Il réfléchit à une transformation d'une partie de ses terres en "maraîchage", comme le fait déjà son fils et, selon lui, vendre le reste aux chinois, comme cela s'est déjà fait dans sa région.

Triste dessein pour notre agriculture. Le chemin de souffrance de nos très chers paysans en passerait-il par le Mont Golgotha...?

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE