03L'AVENIR de la  NORMANDIE en TROMPE-COUILLON ??

(Cf. extraits publiés par Didier PATTE - ex. Président du Mouv. Normand)

Les dirigeants de la nouvelle Normandie font tout ce qu'ils peuvent pour donner un réel avenir à nos enfants; à ce titre, qu'ils en soient remerciés. Toutefois, nous y mettrons un bémol, car cet avenir est assujetti à des dispositifs économiques et de plan de développement initiés et gérés par l'Etat centralisateur. Le jacobinisme est loin d'être éradiqué et la Normandie n'échappe pas à ce fléau du parisianisme outrancié. 

Le premier écueil se situe sur la Seine, berceau historique et culturel de notre belle province. C'est précisément ce fleuve régulier qui a permis à nos ancêtres de façonner nos paysages et d'y imposer un style de vie que beaucoup nous envient. En effet, dans le cadre du Schéma de Développement de la Vallée de la Seine, dirigé par un haut fonctionnaire parisien, nommé de surcroit par Matignon, ne peut prétendre être le porte-parole des intérêts normands. L'Etat central persiste jalousement dans son emprise de développement territorial que nous traduisons par le terme "à sa main". Les décideurs normands ne disposent, semble t-il, que l'esprit d'ingérence sur les dossiers où notre région est concernée au premier chef. 

C'est mal connaître notre Etat que d'imaginer un desserrement du carcan de la prétendue "unité nationale". Si la décentralisation semble vouloir faire son oeuvre dans l'esprit de bon nombre de nos "politiques", ce en conjonction avec la fin du Gaullisme unitaire, au début des années 70, la réalité du terrain est tout autre. Nous les normands, avons acquis fermement que cette décentralisation pourrait ressembler à un mirage ou pire encore, à un "trompe-couillon" économique. Pourtant, nous nous sommes réjouis (un peu vite) de la création des régions et notamment la nôtre qui retrouvait ses origines baffouées par les hauts fonctionnaires de la IV° République. 

Très vite, nous avons compris que notre destin n'était pas totalement entre nos mains, sauf à supporter des charges dispendieuses initiées par un Etat faible (mais se voulant fort). En réalité, nous ne sommes pas en possession de notre avenir régional et sommes contraints, de facto, à regarder "les trains passer", malgré de nombreuses bonnes volontés manifestées par les décideurs locaux. Nous pensions, à tort, que l'Axe Seine, serait notre principal vecteur du développement en lien avec Paris, capitale. Si le Président Sarkozy avait voulu développer cet Axe Seine, auquel il adjoignait celui de la Nouvelle LGV (Paris-Rouen-Le Havre et Paris-Caen), nous avons dû constater, les bras balants, le rétro-pédalage de François Hollande et ses amis. Ceci dit, à présent, nous sommes confrontés à une situation nouvelle, simple dans son explication et compliquée sur le plan de l'organisation. La LGV, indispensable au 21° siècle pour réduire les temps de parcours, ne sera, au mieux, achevée en 2040 ou 2050. Dramatique au moment où nous devons affronter les réalités d'une nouvelle économie. Nous avons eu trop souvent, à la tête de l'Etat, des personnalités aux visions réductrices, 60° maximum alors que le nécessaire se situe à 120 ou même à 180. Cet Axe-Seine est réducteur dans son approche. Les hauts fonctionnaires, se prenant pour des urbanistes "hors pair", raisonnent sur ce sujet en imaginant une extension de leur fameuse "Paris ville monde", sans demander l'avis des normands. En fait, ces gens-là n'envisagent qu'une seule chose, annexer le "Ploukistan normand" à leur fouillis urbain et dont "soeur Anne" (Hidalgo) ne serait que la 2024 ème roue du carrosse parisien. 

Pour compléter ce descriptif à la dérive, nous reprenons ce cas du Canal Seine-Nord-Europe (déjà traité par ailleurs) où les installations portuaires gérées par le GIE HAROPA (Le Havre et Rouen surtout) auraient à subir les inconséquences du quinquenant précèdent qui n'avait rien trouvé de mieux que faire accélérer le financement de ce canal du nord, allant à l'encontre de la pérennité des installation havraises et rouennaises. Quand nous disons incompétence...ce n'est pas par plaisir. Heureusement, le Gouvernement actuel a gelé ce projet de canal. Le Premier Ministre, ex maire du Havre, savait de quoi il retournait. N'ayons pas peur des mots, si les installations de la Basse Seine devaient péricliter, ce serait toute la Normandie qui entrerait en crise économique. Ne l'oublions jamais. Et quoi dire à propos des PNA (Ports Normands Associés) dont l'activité économique est liée à celle d'HAROPA ?  Sans compter que PNA abrite des activités de pêche séculaires mais qui vont être mises en difficulté si les accords sur le Brexit ne sont pas favorables. 

Réveillons-nous, la "Dame du Chateau" parisien a montré son ambition secrète : "Il faut que Paris soit comme une grande région capitale, Rouen et Le Havre constituant la façade maritime qui lui manque". Ce qui veut dire que Madame Hidalgo verrait avec plaisir le dépeçage de la Normandie et que Rouen et Le Havre fussent placées sous tutelle parisienne. Nous vous laissons entrevoir les énormes dangers que nous pourrions alors rencontrer. Les normands sont fiers de leur "Ploukistan" généreux où la qualité de vie s'égrenne chaque jour un peu plus. En aucun cas, ils ne sont assimilables à la famille des "Trompe-couillons".

 

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE