BIZET SéluneLes SENATORIALES attisent les APPETITS 

Plaise aux Grands électeurs de la Manche (lettre ouverte)

 

L'occasion nous est donnée pour que nous mettions, une fois pour toutes, les accents sur la catastrophe annoncée issue de la démolition des barrages sur la Sélune. Or, nous savons parfaitement que Monsieur BIZET, Sénateur sortant, s'est engagé depuis son origine, du côté des "démolisseurs patentés" des deux ouvrages. Chacun le sait, mais en réalité, qui montre son opposition à M. BIZET sur cet arasement injuste et très mal justifié ? L 'intergénérationnelle ECOLOGIE NORMANDE, pour sa part, a décidé de s'engager dans une campagne d'information majeure à l'adresse des grands électeurs, mais aussi près des populations, lesquelles seraient "cocufiées" si ladite démolition devait prendre corps. 

Pourquoi Jean BIZET prend t-il cette position ? A cause de la manne financière qu'il entend récupérer en provenance de l'Agence de l'Eau, grand pourvoyeur de l'Etat, et qu'il entend orienter cette manne vers le Pays de la Baie dont il en fût le Président ? Que les Collectivités territoriales puissent bénéficier de certains "revenus utiles" soit, mais à condition que l'on puisse y voir clairement les objectifs, leur chiffrage et leurs modalités économiques, d'autant que ceux-ci sont issus exclusivement des prélèvements "forcés" chez les citoyens. Ce qui, pour l'heure, n'est pas le cas. En effet les subsides dont il est question sont ceux qui devraient compenser la disparition des deux ouvrages. 

Justement, à ce propos, il nous parait utile de rappeler ceci :

> les deux barrages produisent une énergie propre, conforme à l'esprit d'une transition énergétique votée par le Parlement et qu'il ne saurait question de revenir en arrière. 

> ces ouvrages retiennent plus de 20 millions de m3 d'eau, outre la production électrique, pourraient être utilisées à des fins domestiques ou industriels, dans une région en grand déficit sourcier. L'agriculture, dans certaines régions, demande que soient construits des retenues destinées à l'arrosage des cultures. Pourquoi dans la Manche serions-nous sourds à ces appels qui émergent par ailleurs?

> l'arasement supporté avec insistance par M. BIZET et approuvé par ses quelques amis "politiques" (de plus en plus rares) va perturber une régulation complexe de la Sélune, en aval sur Ducey et Poilley, alors que certains secteurs de ces communes ont été urbanisés depuis. Ceci étant aggravé depuis les travaux de désensablement du Mont St Michel, dont on ne connait pas vraiment les incidences à long terme. Le  GIEC, quant à lui,  prévoit une montée des eaux conséquente avant la fin de ce siècle et dont tous les experts sérieux s'accordent sur le fait que les travaux du Mont auront un effet.

> Les eaux de retenue sont complètement polluées à cause, notamment, des répercussions provoquées par une agriculture intensive largement soutenue par M. BIZET, et par les pollueurs mondiaux que sont BAYER et MONSANTO. Nous tenons à nous solidariser avec les agriculteurs pour la transformation de leur statut professionnel. Ces eaux des barrages seraient déversées sans aucune retenue, dans la Baie du Mont St Michel, classée NATURA 2000, et où sont implantées des industries conchylicoles et ostréicoles. M. BIZET serait-il le chantre de la santé publique à l'envers ? Les appels incessants à prôner pour une agriculture raisonnée, propre et proche de la santé des gens ne seraient-ils qu'imaginaires? 

Nous ne voudrions pas achever ce listing de "mort" sans évoquer ce que personne n'ose aborder. Au regard des textes et des lois en vigueur, la démolition est non seulement INJUSTE, mais surtout "INTERDITE". En effet, en consultant les annales de la Cour de Cassation, nous apprenons que le principe général de non rétroactivité d'une loi figure au Code Civil (art.2) et que ce principe n'a jamais été aboli depuis sa création en 1802. En effet, la loi ne dispose que pour l'avenir. Ce qui veut dire intrinsèquement que la Directive Européenne de 2000 (par ex.) ne peut pas s'appliquer à Vezins et La Roche qui Boit. 

De plus, nous avons trouvé que le Conseil d'Etat, dans son rapport de 2010 sur l'eau, stipule simplement que seuls les nouveaux ouvrages devront comporter un dispositif permettant le passage des poissons. M. BIZET et ses "Amis de La Sélune" nous ont embrouillé et embarqué sur un chemin tortueux et tordu dont la volonté officielle a été de démolir les ouvrages à tout prix. 

Enfin, sur le plan de l'écologie comportementale, ce projet, s'il aboutit, impliquerait de nombreuses conséquences, nous en citons quelques-unes :

> Modification considérable du territoire et de son éco-système notamment des modes de reproductions (végétales ou insectes, rongeurs, nidifications des oiseaux etc...) ou encore prolifération extensive de prédateurs (renards, blaireaux...), sans oublier une prolifération nouvelle des frelons asiatiques. L'humidification locale des végétations à proximité du lac, a permis le développement de certaines espèces qui ne se retrouveront jamais dans le nouvel environnement qui serait alors imposé. Cela nous autorise à affirmer que deux à trois décennies seront nécessaires au nouvel équilibre local. Le voulons-nous?  Le pouvons-nous? 

Oui, M. BIZET, il existe d'autres objectifs que les vôtres. Les populations s'y sont déjà vouées depuis longtemps. Ne les privons pas de cette qualité de vie "durable". Une association locale a même organisé une votation populaire en novembre 2015 (+ de 19 000 votants), et dans laquelle 90% des participants se sont prononcés contre la destruction. Comme vous vous obstinez à agir contre la population en imposant aux citoyens-contribuables votre solution "casse cou", cette même population va rejeter massivement votre projet et votre candidature à un Nième mandat de Sénateur.

Comment pouvez-vous, M. BIZET, favoriser la destruction d'une économie locale construite autour des lacs et où sont bien présents le développement industriel et touristique, force de notre sud-Manche? D'autre part, dans vos propos sur les questions agricoles, nous ne voyons pas l'émergence d'une amélioration de la condition humaine de ces femmes et de ces hommes, exposés au premier degré par les produits toxiques utilisés malgré eux. Qu'en sera t-il également du label sur les moutons de "pré-salés", en grand danger dans la baie du Mont St Michel ? Les idées de notre Gouvernement et de Nicolas HULOT, Ministre d'Etat en charge de la transition écologique et solidaire, sont en avance et raisonnées, alors, nous vous demandons expressément de cesser cette démagogie irrationnelle car votre projet de vie en commun date d'une autre époque. Notre association milite précisément pour la création sur place, et en additif à la valorisation électrique, d'une activité nouvelle étroitement liée au développement énergétique dont notre région a grandement besoin.  

Cette lettre ouverte permettra aux grands électeurs de découvrir les réalités exactes du terrain à propos de ce sujet ultra sensible et crucial pour un vivre ensemble équilibré dans cette vallée, au demeurant très apréciée par ses habitants et ses nombreux visiteurs. En conclusion, nous vous invitons à retirer votre candidature à cette élection, ce qui serait un acte responsable que chacun apréciera à sa juste valeur. 

NON, Monsieur BIZET, vous n'êtes pas l'ami des habitants de la Vallée de la Sélune...! 

 

Association inter-générationnelle

    ECOLOGIE NORMANDE

"Pour une Normandie équitable, propre et

généreuse dans le seul intérêt de ses habitants"

 Le comité Directeur :

 Pierre JUHEL, Yvonnic FAUCHON et Dominique DAMBLE.