001CAUSEUR n'est pas REALISATEUR..!

L'affaire des barrages et ses méandres de toute sorte, nous amène à des réflexions à la fois surprenantes et utiles. Chacun souhaite y apporter son petit grain. Ce qui est normal à partir du moment où il y a portage d'un intérêt commun évident. Notre association ECOLOGIE NORMANDE, comme d'autres, est le pendant "exécutif" de l'Etat, en même temps que nous sommes les garants d'un bon suivi dans l'intérêt des citoyens, comme le sont par exemple les associations de consommateurs. Ce qui nous fait dire qu' ECOLOGIE NORMANDE s'inscrit en VRAI dans la force de proposition que nous revendiquons "pleine et entière". 

Ceci dit, je tenais à reprendre la chronologie de cette affaire qui nous attriste tous dans ce grand sud Manche qui attend autre chose qu'une régression certaine si les barrages disparaissent, alors que par ailleurs, on va construire une cinquième réserve d'eau pour sauver les pieds parisiens devenant trop humidifiés par les sursauts séquaniens. Y aurait-il plusieurs poids et plusieurs mesures? En fait, c'est bien là notre principal questionnement. 

Au plan JURIDIQUE :

Il aura fallu attendre le 6 décembre 2016 et notre visite dans les services de l'Assemblée Nationale, pour que nous découvrions que les arguments avancés, avant la décision JOUANNO de 2009, ne répondent pas aux textes exécutifs de l'Union Européenne d'une part, et à l'acte final du Grenelle 1, rédigé par la Commission mixte paritaire "Assemblée - Sénat" créée à cet effet, d'autre part. Ayant par la suite, cherché les explications indispensables, nous avons eu confirmation et avons constaté que le Code Civil, élément majeur de notre société, n'est pas respecté dans son acception primaire et, de plus les tribunaux communautaires et la Cour de Cassation ont rendu des arrêts (ou jugements) qui sont contraires à l'orientation donnée par la décision JOUANNO. 

Aussi, c'est dans ce cadre "nouveau" que mes amis et moi-même avons décidé de chercher une "solution UTILE" pour l'avenir des barrages et de l'ensemble de la vallée. Il faut rappeler que le programme qui nous a été imposé sans consultation locale présente plusieurs dangers :

1) Il n'est pas utile dans sa globalité, sauf à moderniser les aspects écologiques du fleuve. A noter que les pollutions de l'eau ne sont pas du fait des barrages mais à des ruissellements induits à une politique (de l'ETAT) qui, pendant 40 ans a laissé s'amplifier les cassures de haies bocagères, facilitant lesdits ruissellements vers la Sélune et ses affluents. 

2) Il est utile de rectifier LE mensonge EDF qui consiste à nous dire que les barrages ne sont pas rentables. En 80 ans, combien de transformations de turbinages ont été effectués? Est-il utile de rappeler que le 21éme siècle voit couramment la pose de nouvelles turbines permettant les dévalaisons de migrateurs? 

3) Il est utile de rappeler que la remontée des saumons fut à l'origine de cette décision inique. Il y a 10 ans, on nous parlait, me semble t-il, de 10000 pièces alors qu'en 2018, nous en serions arrivés à 150 ou 200. Et que semble t-il cette approche ne serait plus trop d'actualité. Ce qui tend à conclure que le dossier, quoi qu'on en dise, a évolué à l'inverse de ce que l'on veut bien nous affirmer.

4)  Il est utile de rappeler que l'approbation de la Loi Constitutionnelle de 2003 précise que la France est une République à organisation décentralisée. Ce qui tend à nous faire affirmer que cette opération aurait dû avoir la Région comme pilote. L'Etat a tenu, en bon Jacobiniste, à conserver la main. 

5) Pourquoi je me priverais de l'utilité de signaler que la loi 2015-992 du 17 août 2015, sur la transition énergétique pour une croissance verte, en démolissant les barrages, est contraire au droit établi par nos parlementaires nationaux. En effet, cette loi institue la croissance par le mix énergétique et l'effet contraire voulu par les démolisseurs s'inscrit tout droit dans l'anéantissement de cette loi. Est-il utile de rappeler que la France dispose de 470 barrages dont 220 produisant de l'énergie. Allons-nous casser toutes ces installations? Dans ce cas, l'énergie nucléaire a encore de beaux jours devant elle. Les générations du 22ème siècle seront alors à la tâche. 

6) Il est de grande UTILITE de rappeler à l'Etat et aux citoyens de la vallée qui n'auraient pas encore perçu le côté gravissime de la situation, que les barrages, quoi qu'on en dise, servent d'écrêteurs de crues et par conséquent protègent les secteurs bas de DUCEY et de POILLEY. Le rapport de la Commission d'enquête du 24 novembre 2014 le dit clairement dans ses conslusions. En quasi 4 ans, l'Etat n'a pas commencé cette étude et par conséquent, chacun doit prendre sa part de responsabilité en s'opposant à toute démagogie qui consisterait à tenter de rassurer. Je rappelle que très récemment, l'Etat a été condamné en Vendée pour ses faits et ses non-agissements en amont qui auraient permis d'éviter les 47 morts, lors de cette fameuse tempête Xynthia en 2010.  

7)  Il est utile de dire à chacun que la continuité écologique ne passe nullement par un arasement, qu'aucun texte ne dit, et que le respect de la qualité des eaux doit être actée par une "remise en état" de cette continuité (art. 29 du Grenelle 1). La Directive tend à établir un cadre pour la protection des eaux.Ce que ECOLOGIE NORMANDE, de par ses statuts, accepte et défend. 

8) Est-il utile de rappeler que la Charte de l'Environnement (réforme constitutionnelle de 2005) nous dit en son art.1er "chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé". L'abandon de toute production décarbonée met à mal cet article 1er et la santé de nos concitoyens.

Au plan ECONOMIQUE et FINANCIER :

Le sud Manche est réuni administrativement sous l'égide de la Communauté d'agglo Mont St Michel Normandie. Or, nous constatons que déjà, cet ensemble Sélunien présente un caractère de désertification que nous devons rectifier et permettre de nouvelles ressources, sans pour autant en aggraver la contribution publique. 

Les montants avancés pour cet arasement sont variables et très disparates. Les chiffres qui ressortent ne reflètent pas la réalité. La démolition, seule, semble se figer autour de 50 M€. Concernant le traitement des boues, il est en cours via un marché passé par l'Etat à VINCI. Cette opération, quelle que soit l'issue du projet, s'impose. Ayant visité le chantier ce mardi 6 mars, étant moi-même issu de la profession TP, et ex commisseur enquêteur, je constate que cette opération est bien menée. Par contre, j'émettrai les plus grandes réserves sur la reprise des boues (séchées) pour une renaturation des berges de la vallée (?!?!). Je pense qu'il y a là un manquement écologique évident. Une chose que nous savons et chacun le sait, la durée de cette renaturation s'inscrira sur 10 ans au moins. Et chaque année, les Collectivités locales seront priées de mettre la main au chèquier. Et le montant approchera probablement les 200 M€. Nous comprenons pourquoi personne ne se risque à avancer un chiffre. Mais les réalités seront bien celles-ci.

L'ETAT sait que ses finances exsangues ne lui permetront jamais d'apporter son concours. L' U.E, quant à elle, connaissant désormais les tenants du dossier, rechignera à distribuer des "enveloppes" au risque de disparités dans les 26 pays de l'union. Les effets BREXIT viendront justifier cela, nous le savons. Il faut donc chercher d'autres modes de financements et ceux-ci passeront uniquement par le développement "élargi" des énergies du futur.

ECOLOGIE NORMANDE s'est structurée en conséquence et a réuni des entreprises et investisseurs, capables de mener à bien une telle opération. Laquelle consiste à substituer un projet démagogique, coûteux pour la collectivité et non abouti financièrement. Ce projet monté au nom de l'Etat est un danger pour notre sud-Manche car l'étude qui a été menée est seulement basée sur  des hypothèses d'école et ne garantit en rien la réussite touristique, seule clé économique qui semble retenue. Le passage touristique au Mont St Michel n'autorise quiconque à s'approprier cette clientèle d'autant que ce raisonnement reste aléatoire. Nous avons conclu que la seule bonne idée est de composer un projet global sud-Manche où seront inclues les productions énergétiques des deux barrages, avec en prime, la création d'une unité de production d'hydrogène par électrolyse, point de départ d'une recomposition économique dont l'ensemble de l'agglo bénéficiera. Sur le plan technique, la production électrique sera augmentée et valorisée grâce à des nouvelles turbines permettant de maintenir une production électrique tout en produisant 30T de H2/jour. Ce qui a pour effet premier, la création de 150 emplois pérennes à VEZINS. 

Ce projet, vous le savez tous désormais, s'intitule H2 SELUNE, et il est appelé à rayonner sur la Normandie et une partie proche de la Bretagne. D'ailleurs, nous envisageons déjà une collaboration avec nos amis bretons qui oeuvrent sur des voitures mixtes "élect + H2". Ce projet sera totalement et économiquement privé. Il ne sera pas fait appel à la puissance publique. Seules les dotations accordées au titre de l'hydrogène et son développement seront sollicitées, notamment près de l'UE. 

CONCLUSION :

Au risque de contredire certains, le projet H2 SELUNE n'a besoin d'aucun vent pour fonctionner. Si nous produisons de l'hydrogène à VEZINS, ce ne sera pas grâce aux éoliennes mais par l'eau et l'électricité issues des barrages et, par conséquent décarbonné, donc le moins cher du marché. Ayant participé aux discussions sur le développement hydrogène à la Région, je peux vous affirmer que le besoin de points de livraison de H2 se fera sentir rapidement ou, alors, la filière H2 sera anéantie avant l'heure ou encore, retardée. Ce qui ne conviendra à personne car ce serait faire les beaux jours aux énergies fossiles et à l'électricité nucléaire. Nous sommes tous d'accord sur ce point; la Manche et la Région NORMANDIE doivent être en pôle et H2 SELUNE va y contribuer.

INFORMATION :   Nous organisons une réunion d'information sur H2 SELUNE le vendredi 6 avril à 20 h 30 à la salle de la Mairie à DUCEY. La Région y sera représentée. Les élus locaux qui le souhaitent aussi. Et nos entreprises-investisseurs seront également présents. 

Toutefois, je dois préciser que cette réunion se limitera à la présentation du projet et surtout pas à évoquer une nouvelle fois, les avis des uns et des autres sur la destruction. Notre position est arrêtée, ce sera H2 SELUNE et nous en informons l'ensemble des décideurs du sud Manche.

Ce jour là, ECOLOGIE NORMANDE  et ses associés, s'inscriront en VRAI...!

Pierre JUHEL (Président)

ECOLOGIE NORMANDE