14566040Emission CASH INVESTIGATION du 13 mars. 

Elise LUCET et France 2, hier soir en prime time, ont fait très fort. Il y eut plus de 3 millions d'audience, mais au vu de ce qui s'est développé, il y a tout lieu de penser que les "replay" vont fonctionner à plein tuyaux (d'eau).

En réalité, nous étions déjà beaucoup à nous interroger sur le fonctionnement des marchés publics en général et plus généralement les méthodes employées tant pour les passations de marchés que leur fonctionnement d'exploitation.

Les METHODES de PASSATION :

Pour ceux qui ont oeuvré dans le milieu de ces marchés, ils n'ont eut aucune surprise lors de l'émission car ils savent parfaitement comment sont obtenus ces marchés, quelles sont les démarches entreprises pour les obtenir, comment sont définis les réels niveaux de prix, comment sont fixés les fameux "delta" représentant les surfacturations et surtout à qui vont ces dépassements illicites évoqués dans les reportages d'hier soir??? Les organismes, entreprises ou les personnes physiques qui ont été citées deux heures durant, ont beau vouloir se défendre aux yeux de la population "payante", il n'en reste pas moins vrai que nous ne sommes pas dans une fiction, mais dans la réalité brutale. Celle qui consiste à "brûler" l'argent des contribuables et au passage se faire plaisir dans des restaurants huppés de quartiers totalement étrangers au niveau de vie de nos concitoyens. Le Code des Marchés Publics a été rénové il y a 15 ans, mais a t-il des failles? Existe t-il des passerelles faillibles entre les différents modes et notamment les aspects financiers ? Les contrôles de la Cour des Comptes sont-ils suffisamment poussés de manière à enrayer les procédures, si besoin est ?

Les FONCTIONNEMENTS :

Sur l'exploitation pure et simple d'un DSP (Délégation de Service Public), l'objectif principal et unique doit être l'établissement au plus juste du prix facturé aux clients. Ce prix, incluant bien entendu la rémunération du délégataire, ce selon une marge mesurée. N'oublions jamais que l'eau doit être accessible à tous et à toutes les bourses. Il est intolérable de constater l'existance de cette femme, du côté de Perpignan, qui s'est vue interdite d'accès  à l'eau depuis 12 ans, selon une méthode de brigands (bouche à clé bétonnée). Quel que soit la raison, cela est intolérable alors que ce délégataire semble remplir en priorité son porte feuilles avant l'intérêt des citoyens-clients et contribuables.    

La MORALE : Que pouvons-nous attendre de cette société en cours de délitement? 

Nous disons "moralisation"? Est-ce bien approprié? Depuis hier soir 23h, comme chacun d'entre nous, je suis allé chercher des renseignements sur ce secteur de l'eau et de l'assainissement réunis, et je suis surpris de constater la quantité innombrable de procédures en cours ou en approche. D'ailleurs le représentant de l'association anti corruption (Charles Dumaine) nous est apparu démuni dès lors où la question a été posée "à qui profitent les écarts?". En l'état, il ne s'agit que de supputations difficiles à confirmer. Ce sera le rôle de la Justice. Mais en fait, le pourra t-elle? Et si elle découvre les vrais donneurs d'ordres, que fera t-elle alors? Personne ne le sait, mais une chose est sûre, il existe bien un début de tentaive de corruption. Il ne faut pas avoir le titre de grand expert pour le comprendre. D'ailleurs, à la Mairie de Paris, un adjoint en charge de ce dossier au cabinet Hidalgo a interpellé le Procureur de la République. Puissions-nous un jour avoir un début d'explication ? 

La question majeure qui se pose est celle-ci. Doit-on réhabiliter les régies communales d'exploitation ou poursuivre dans le sens de ces DSP incontrôlables ou aux contours souvent "élastiques"? La Régie, pendant longtemps, nous avait semblé idéale, mais les époques ont changé; les multiples problèmes techniques et environnementaux ont modifié la donne, si bien que les grandes multinationales du secteur dominent. Comment revenir à la case "départ"? C'est très compliqué car les élus que nous avons, généralement, ne sont ni des techniciens, ni des spécialistes, ils se sont engagés dans la chose publique par vocation mais n'ont quasiment jamais la formation adéquate pour assurer le suivi du bon fonctionnement.     

Par EXTENSION à tout ce qui précède, je voudrais à mon tour interpeller l'ensemble des élus français, en charge de ces dossiers sensibles, pour leur dire que leur présence au sein de comités ou de syndicats locaux est primordiale. Mais qu'en parallèle, ils doivent impérativement exiger que soient crées des Commissions de contrôle financier, pour tout dépassement délégataire au delà de 75000€. 

Autre relevé majeur qui doit être entendu par tous, à propos des captages d'eau. Ceux-ci doivent faire l'objet de recherches par des professionnels et soumises à conclusions près des élus. En ce sens, pourquoi démolir des barrages avec 20 millions de m3 de stockage et dans le même temps, lancer des nouveaux captages onéreux à quelques encâblures. Cela s'appelle, à priori, de l'irresponsabilité organisée. 

Les lobbies ont encore parlé...! 

 

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE