Sauver nucléaire 01Et SI C'ETAIT CELA le VRAI PROBLEME des BARRAGES ? 

Généralement, nous avons coutume de dire "on baigne en plein bonheur..." mais en France, nous baignons en plein marasme, énergétique celui-là. D'un côté, il y a notre pays, très en avance sur les textes environnementaux et qui se positionne en pointe du progrès, comme ce fut le cas par exemple lors de la tenue de la COP 21 et de l'autre, l'exécution de ces textes quelque peu différents.

L'administration de la transition écologique et solidaire est particulièrement avertie des risques encourus si l'on ne réduit pas les GES de manière drastique. Ce qui implique, inévitablement, la mise en application immédiate de toutes les dispositions que nous avons voulues et votées au Parlement, notamment la loi sur la transition énergétique pour une croissance verte d'Août 2015, laquelle se trouve renforcée par le "Discours des voeux" du Ministre N. HULOT du 22 janvier 2018. 

Toutes ces belles approches pourraient être la vitrine exemplaire d'un monde meilleur si celles-ci n'étaient pas contrecarrées par les "basses besognes" habituelles, issues d'un monde ancien mais qui refuse de mourrir. A travers mes propos, parfaitement mesurés, je ne citerai que les effets dévastateurs induits dans les choix à venir du Ministre et par conséquent de l'Etat dans son ensemble. Quoi de plus normal pour une citoyenne comme moi de s'interroger sur le "pourquoi répétitif" des actes pourtant annoncés à grand coups d'éclats médiatiques? Nous devons par exemple, réduire d'ici  la fin de ce siècle nos émissions de GES pour atteindre une réduction d'environ 2°C. Or, nous savons tous que cela ne sera pas atteint car nous agissons à la marge sur les leviers essentiels qui pourraient nous faire espérer ce respect. Par contre, rien ne nous arrête pour critiquer les positionnements du Président américain TRUMP sur le sujet, alors que plus de la moitié des Etats américains pratiquent une politique environnementale allant dans le bon sens. 

Alors, la question que je me pose, et avec moi, un très grand nombre de citoyens "avertis", pourquoi EDF pousse t-elle à une destruction massive des petites ou moyennes unités hydro-électriques, alors que celles-ci produisent une énergie propre, au contraire de l'électricité issue des produits pétroliers ou du charbon? Par contre, nous constatons tous qu' EDF n'abandonne pas la filière "Nucléaire" introduite à grands frais de milliards d'€uros pourtant prévue par le Ministre dans les réductions quantitatives d'ici à 2050. Je pense qu'ici, sur ce point précis, nous sommes en  présence d'une forme d'incompréhension. Les EPR de Finlande et de Flamanville ont accumulé des années de retard et des Mds€ de dépassements à cause de la non maitrise réelle des technicités indispensables à la protection des populations. Ce qui n'interdit pas EDF de se porter investisseur et exploitant d'un autre EPR au Pays de Galles puis, cela est récent, d'appuyer le Président MACRON pour signer une dizaine de futurs EPR en Inde. Sommes-nous dans le désinvolte? J'aimerais dire NON à ceci. Néanmoins, le nucléaire s'il n'est pas polluant au premier degré, il l'est sur les effets de stockage des déchets sur des millénaires, et, depuis 30 ans notre Etat pro-nucléaire n'a jamais été en capacité d'imposer une forme de traitement final de ces déchets. L'exemple du centre d'enfouissement de BURE par l'ANDRA, est l'image qu'il faut retenir. En vrai, nous ne travaillons pas pour les générations futures et j'ai grande peur pour mes enfants. 

Y aurait-il en France la possibilité de faire émerger une réelle politique énergétique durable? Mes amis et moi avions cru cela dès l'avénement de Nicolas HULOT à la tête de ce grand Ministère. A présent, je suis beaucoup plus restrictive car comme la plupart de mes amis et confrères, je pense que cela ne se fera pas tant que l'on pensera développement nucléaire à long terme en mettant subrepticement de côté des énergies propres qui n'ont besoin que de fonds réduits à  l'entretien des installations déjà réalisées. 

Claudia SAINT-PAUL