004UN FACE A FACE DESTRUCTEUR

BRUXELLES vat-elle vaincre les raisons du coeur enfouis au fond des nations? La guerre du "privé" est engagée depuis quelques 10 ans déjà mais, à chaque fois, le Gouvernement français parvient à dévoyer les Directives de l'UE sur le fond des principes qui ont guidé, à tort ou à raison, les pères fondateurs de l'Europe. Nous l'avons vu sur la distribution d'énergie où le temps long a largement pris le pas sur le temps court pour aboutir à une "fausse concurrence". Ce qui se présente à propos des chemins de fer n'est que la suite logique de ce qu'il s'est produit avec les énergies. Mêmes sujets, mêmes débats (pour ne pas dire combats) et probablement "résultats en dents de scie". La France s'affiche toujours sur le côté coupant de la scie et, parfois, il lui manque des sparadras et du désinfectant. 

Depuis très longtemps, nous les français, du haut de notre "grandeur suffisante", nous n'avons de cesse de donner des leçons aux autres états européens qui, cela dit en passant, sont des frères de combat. De 1940 à 1945, nous nous sommes battus contre la barbarie nazie et depuis plus de 70 ans, nous n'avons jamais été en mesure de générer un "système économique durable" et profitable à l'ensemble de nos concitoyens. Nous nous trompons souvent de combat et, selon nos gènes traditionnels, sont montrés du doigt les autres pays, plus judicieux probablement, et aussi mieux assis sur les questions économiques. C'est juste un constat. Un seul exemple, le chômage. Cela fait 40 ans que l'on surfe sur ce fléau et à vrai dire, combien de dispositions ont été abordées sereinement et dans le "mille"? Très peu..! 

Dès qu'il y a un léger mieux en guise de résultats, l'action politique est orientée sur le "partage d'une cagnote" pour le coup imaginaire alors que la dette accumulée est de 2200 Md€. Une paille..! La décence devrait nous obliger à changer de registre, mais non..Impossible à imaginer. Quand nous sommes poussés au fond du trou, c'est la faute des patrons qui s'en mettent plein les poches. Quand les résultats sont excellents, il faut "partager" la cagnote. Une économie "dirigée" ne fonctionne pas ainsi et ses facteurs constitutifs sont beaucoup plus complexes que cette "vision courte". En écoomie, nous devons toujours considérer : le marché réel (la niche), la matière première, l'emploi avec ses charges, les marges et pour certains produits finis, à l'export, se greffe la géo-politique. Concernant la main d'oeuvre, il ne peut jamais être considéré une erreur de quantification au risque d'effondrement sur le marché, même s'il est porteur. Quant aux marges, si elles sont constamment mises à l'index; elles sont systématiquement génératrices (avec la masse salariale) de résultats probants ou au contraire de dépôts de bilans.  

Vient alors cette éternelle opposition, entre l'entreprise publique et celle du privé. Par définition, un Etat n'a jamais vocation à se transformer en chef d'entreprise. D'ailleurs, généralement, il ne le fait pas bien. De très nombreuses expériences sont venues nous confirmer ce fait. Tout au plus, apporter un soutien limité dans le temps à une entreprise stratégique comme ce fut le cas de Renault en 1945 ou les chantiers navals de St Nazaire plus récemment. Les expériences de Lénine, de Tito en Yougoslavie ou des pays sous domination soviétique, sont là pour nous rappeler que cette approche ne fut qu'illusoire. Les chinois, eux, ont eu une approche différente sur l'entreprise dans la société. Mais combien de français seraient capables de supporter le dixième de ce qu'endurent les travailleurs chinois? Aucun. 

Reconnaissons que les principes économiques dictés par Bruxelles sont loin de faire l'unanimité. Mais l'ensemble des pays participants ont voté les textes appliqués selon les Directives de l'UE. Un fois encore, nous faisons valoir une certaine prépondérance à la contradiction. Nous votons, à l'unanimité (principe retenu à l'UE) mais nous cherchons toujours à en dévoyer les effets. Sur ce plan, je voudrais aborder ce que certains médias d'opposition appellent "le scandale de la privatisation des barrages". Je n'y vois pas vraiment de scandale si l'on considère que ces ouvrages sont tous amortis et que c'est l'Etat qui a permis en son temps de bâtir un réseau de production. L'Etat a rempli son rôle mais nous devons nous appliquer les mêmes règles qu'à nos amis européens. A défaut, nous serions en totale contradiction. A dire vrai, nous serions plutôt coutumiers du fait. Un seul exemple, celui que nous connaissons parfaitement dans le sud Manche, celui des barrages de Vezins et de LRQB, dont EDF réclame à cor et à cri leur destruction au seul chef de non rentabilité. Etant toutefois précisé que ces barrages, produisent une nénergie propre. Enfant, ma mère me disait "quand on veut tuer son chien, on trouve toujours qu'il a la rage". C'est ce principe qui guide aujourd'hui, quitte à être, une fois encore en contradiction totale avec les textes. Il serait temps de modifier le logiciel politique dans les entreprises "étatisées". Les discours doivent laisser la place aux actes dans le seul intérêt des lois et Directives que nous avons votées en toute connaissance de cause. Le mix énergétique est un fait non modifiable; pour ses applications sur les sites, le pouvoir énergétique doit entrer en phase active et dans le seul intérêt commun. 

Si ces barrages vous semblent non rentables, alors plutôt que démolir, cédez-les et vous ferez acte de bravoure économique dans un intérêt commun. Dans le cas contraire, nous pourrions tous nous interroger sur les raisons exactes d'un tel refus. Ce qui tendrait alors à opter pour la situation suivante : "le PRIVE vaincu par le PUBLIC". 

 

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE