ODD n3COMITE de PILOTAGE du DEVELOPPEMENT DURABLE.

 Les secrétaires d'Etat, Brune POIRSON et Jean-Baptiste LEMOYNE, ont tenu le 26 avril le premier comité de pilotage de haut niveau du Développement Durable (c'est son nom...!). Qu'il en soit ainsi...Notre avis sur ce sujet est très mitigé. 

En effet, si ECOLOGIE NORMANDE partage l'orientation qui est donnée au principe du DEVELOPPEMENT DURABLE, il faut aussi préciser que les "comités" qui se constituent en aval ou en amont de ces principes, ne sont pas toujours représentatifs des idéologies écologiques souhaitables ou souhaitées par les citoyens. Ceux-ci, d'ailleurs, ne sont jamais consultés au premier degré et le Ministre lui-même dans son discours des voeux de janvier 2018 l'a reconnu et souhaité manifestement transgresser ce principe anti-démocratique lequel consiste essentiellement en une philosophie "je décide, vous exécutez".

Nous ignorons si Madame POIRSON a dans son viseur cette recommandation émanant de son patron de Ministre mais il nous semble que la représentation au sein de ce comité n'est pas vraiment "équitable". Par exemple, quid de la société civile? Qui la représentait ? Et que dire des personnalités qualifiées qui, nous le savons tous, jouent très souvent un rôle en contradiction avec les décisions à haut niveau et très souvent en butte avec la stratégie gouvernementale prioritaire. Nous parler d'objectifs à 2020/2030, soit, mais en matière de Développement Durable, 10 ans est bien trop court. A ce stade, il eut été préférable de parler pour 2050 à 2070. Ces courtes vues, nous les rencontrons en France très souvent car, le principe qui règne est de faire pour la durée que l'on se destine politiquement. C'est pourquoi le Gouvernement en place est amené à établir une nouvelle politique publique tous les 5 ou 10 ans. On peut ne pas être d'accord avec cela, mais c'est hélàs le constat. Or, nous savons tous que la durée du dossier ND des Landes (50 ans) a été la résultante des politiques publiques souvent disparates et initiées par des officines prêchant le contradictoire. 

L'autre réel problème réside dans la cohérence des politiques en matière environnementale, écologique et énergétique. Désormais et depuis décembre 2015, il existe une feuille de route issue de la COP 21, dont le texte final, signé par plus de 180 pays, a été largement porté par la France. La lutte contre les effets GES doit être de tous les instants et dans tous les domaines. Le Ministre lui même nous a gratifié de sa décision de voir le nucléaire disparaître au delà de 2050. Dès lors où la maison EDF freine des deux pieds sur le sujet et investit dans un énorme EPR au pays de Galles (Hynkley Point) et demande l'arasement de barrages hydroélectriques (non polluants), il y a de quoi s'interroger et nous permettre à nous les écologistes non radicaux, de dire à l'Etat "vous n'êtes pas en cohérence avec vous-même". Que dire des ENR et de l'hydrogène, pourtant cités dans le discours des voeux du 22 janvier 2018 ? Suffit-il d'inviter le Capitaine de l'ENERGY OBSERVER pour avoir raison ? Certes, non ! Ecologie Normande a salué très fortement l'initiative d'Energy Observer et nous ne manquons jamais une occasion d'en parler dans nos réunions ou nos textes. L'hydrogène, que notre association porte à bout de bras semble être rejeté en cinquième division énergétique. Pourtant, un peu partout et en Normandie en particulier, on s'organise pour cette filière mais qui veut produire du H2 décarboné ? Sans production réelle majeure, cette filière restera une marginalité et notre bon vieux nucléaire aura encore de beaux jours. 

Pourtant, l'avènement de cette COP 21, et les différents textes votés en amont par le Parlement (Transition énergétique : 17 août 2015) ayant servi à l'élaboration d'une partie de la décision finale, devraient nous interpeller. Le Développement Durable est un "bien commun inaliénable". Nous pensons qu'il y a urgence à mettre en ligne l'ensemble de la filière, sans contrainte. C'est de cette seule manière que l'on pourra, à terme, voir émerger cette société nouvelle porteuse d'emplois nouveaux remplaçant avantageusement ceux que les révolutions industrielles précédentes avaient initié. 

Le communiqué de presse qui a été rendu public à propos de cette ODD le 26 avril 2018 est un pas, mais la marche suivante sera beaucoup plus difficile à  franchir si notre Etat ne s'en donne pas les moyens lui permettant de mettre en harmonie les paroles et ses actes environnementaux.

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Pierre JUHEL - Président

ECOLOGIE NORMANDE