H2 NormandieCHEMINS d'EAU, CHEMINS de TERRE ou CHEMINS ENERGETIQUES ?

En Ecologie, nous avons aussi nos chemins de "Compostelle", avec des valeurs, des orientations, des haltes..mais à la différence du premier, le second est destiné à un traçage global pour le bien de l'humanité. Ces traçages ne doivent jamais répondre à des formes de particularisme que nous appelons plus communément "lobby". La science écologique est bien là pour rayer de la carte l'ensemble de ces déviances que d'aucuns ont baptisé à tort de "naturelles" Dans notre sphère, il ne peut y avoir des panneaux de limitation à 80, de croisements ou de virages dangereux, car c'est l'ensemble de notre route qui est mortifère à cause notamment des nombreux "dérapages incontrôlés", ne prenant jamais en compte les critères permanents de la dangerosité. Notre chemin est le fruit logique de la biodiversité, un point c'est tout. A chacun de le respecter, sans porter atteinte à la moindre vertu que représente cette science exacte. 

Il ne saurait être question de déroger, comme le font certains, à cette vertu implacable que le "développement durable" s'est appropriée et que nous appelons "bien commun". Concernant celui-ci, nous devons tous savoir qu'il est inscrit dans une sorte de propriété partagée qui permet à chacun de bénéficier d'une forme locative précaire limitée à nos vies personnelles. Nous avons une obligation suprême, protéger et entretenir cette propriété durable. Cela s'applique tant aux dirigeants qu'aux citoyens eux-mêmes. La responsabilité est partagée à 100% et ne se négocie jamais; la nature et ses dépendances n'accepte jamais de discussion de bazar. 

Or, si l'on reprend la chronologie des barrages sur la Sélune, nous nous apercevons que nous sommes en présence d'un gigantesque "patchwork" conçu au fur et à mesure du temps, en fonction des intérêts spécifiques et particuliers des uns et des autres. Ce patchwork ressemble à un match de football où se rencontrent deux équipes: les pour l'arasement, obsédés par la haute légitimité de leur pouvoir et leur savoir et les contre qui opposent, avec les outils à leur disposition, le déferlement juridique habilement pré-établi par le camp d'en face. Le match dure depuis presque 10 longues années, depuis qu'un groupuscule d'élus et de pseudo-pêcheurs ont largement créé un réel "Chemin des Dames". Nous avons largement dépassé le stade des prolongations et les "tirs au but" se profilent déjà sur les berges déjà assechées.

Pour certains, le match semble joué car le "rouleau compresseur" des "pour" a donné bien plus de voix que les "contre". Mais s'agit-il de la même voix? Je m'interroge gravement. En effet, les phases de jeu ont été allègrement amputées par de nombreux coups francs, des touches ou même des irrégularités de jeu. Sur ce dernier point, on dénombre les irrégularités dans le domaine juridique et là, il y a eu beaucoup à regarder. Si Ecologie Normande s'est aperçue de cela en décembre 2016, lors de séances d'échanges dans les locaux de l'Assemblée Nationale, nous ne pouvons que nous féliciter de voir Bernard PINEL oeuvrer dans le même sens que nous sur ce point. La demande expresse de l'ami Bernard va dans le même sens et nous sommes prêts à appuyer cette démarche avec lui, ceci dans l'intérêt commun des barrages et de la vallée dans son ensemble. 

En novembre 2017, sitôt la publication du Ministre N. HULOT dérogeant aux dispositions antérieures acceptées par tous, Guénhaël HUET a qualifié de "scandaleuse" la démarche de 4 élus du Sud Manche au cabinet du Ministre priant instamment celui-ci d'exécuter les barrages sans aucune autre forme de procès, violant alors tous les engagements de la France (COP 21, Grenelle 1...) en matière écologique et surtout énergétique. Nous devrions TOUS nous poser la question suivante : "qui a poussé ces élus à demander à l'Etat de stopper le processus accepté par tous après la visite de Ségolène ROYAL?". Nous devons nous interroger et demander des comptes à ces personnes. Nous sommes tous concernés et si nous devions découvrir une phase de jeu peu consensuellle, cela pourrait avoir des répercussions juridiques que nous ne manquerions pas d'avancer, comme le fait Bernard PINEL.  

En réalité, la vallée de la Sélune est à la croisée des chemins. Outre le fait que les barrages doivent être impérativement conservés, car nous le savons, ils ont la capacité de tenir encore 200 ou 300 ans, à condition d'être entretenus et à condition également de moderniser la continuité écologique du fleuve. Ce qui ne veut pas dire arasement ordonné par l'Europe (largement répandu dans les écrits et les médias), car cette Europe, un fois de plus a bon dos, elle n'a jamais exigé aucun arasement dans ses Directives. C'est la "surtransposition injustifiée" émise à tort par le Parlement français, qui en est la cause. Et c'est aussi ce qui nous fait dire que le projet d'arasement de ces barrages est "fallacieux" lequel doit être réparé quoi qu'il en soit, serait-ce par les Tribunaux administratifs ou encore par la Cour de Justice Européenne, décidant en dernier ressort. 

NON, le match n'est pas joué. Le droit est enfin saisi. Nous allons entrer dans la phase de régularisation juridique qui va se combiner avec celle qui consiste à privatiser les concessions hydro-électriques. C'est là que le projet H2 SELUNE prend toute sa force car il conjugue énergie avec emplois et développement économique pour tout le sud Manche. 

C'est cela LA vérité et c'est aussi cela la croisée des chemins qu'il ne faut surtout pas manquer. 

 

Pierre JUHEL