sélune inondation 101

La SELUNE à DUCEY (crue de JANVIER 2018)

Ce n'est faute d'avoir sans cesse répété tant aux élus, à la population et à M. le Préfet, qu'il y a faute pendante gravissime en refusant d'admettre que les barrages servent de régulateur de crues. Lors de notre visite à M. le Préfet le 1er décembre 2017, nous lui avions remis un "argumentaire" lui rappelant, non seulement l'utilité d'un PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondations), mais également une obligation rappelée par la commission d'enquête publique qui a établi son rapport le 23 novembre 2014. Cette commission précisait dans ses conclusions qu'il y avait urgence à établir un PPRI. A ce jour, aucune enquête spécifique n'a été engagée, ce qui revient à dire que l'on refuse de prendre en compte les risques importants auxquels les populations en aval de la Sélune seront exposées. 

Non seulement ECOLOGIE NORMANDE a justifié cette exigence, mais M. VESSERON, spécialiste géologique et éminent spécialiste de la question , dans ses nombreux articles, a fait de même en justifiant point par point l'indispensable utilité d'un tel PPRI. Nous nous devons de rappeler que la Sélune, jugé fleuve "ardent" depuis toujours, a provoqué de nombreux cataclysmes en aval de Ducey. La référence majeure est rapportée dans les annales historiques régionales, en 1768, où il y eut dans tout ce bassin plusieurs centaines de décès, ainsi que des animaux morts dans les champs et des récoltes englouties sur place. La catastrophe ayant eu des incidences particulièrement graves sur la vie des agriculteurs, le Roi Louis XV fit intervenir la troupe pour rétablir l'ordre. C'est dire si l'absence de ces barrages sera néfaste à la véritable régulation du cours de la Sélune. Toute intervention qui consisterait à ne jamais reconnaitre ces effets et les causes, ne pourrait qu'être fallacieuse et mensongère, justifiant ainsi une démolition devenant illégale. Ces justifications ont été reprises par des historiens autorisés et n'ont jamais remis en question. 

C'est alors que nous découvrons qu'un chef d'entreprise, Matthieu MILLET, le patron de la société REMADE in FRANCE sise à POILLEY (proche de l'A84), se fait l'écho à son tour dans la Gazette du 23 mai 2018, en interrogeant les autorités sur ce même sujet. Selon lui, il considère que l'étude sur l'arasement n'est pas "assez sérieuse". Nous lui disons, OUI, cela est vrai, elle a même été bâclée à partir de quelques "élus" peu scrupuleux dont les objectifs réels n'ont jamais été divulgués. Il suffit de se pencher sur une analyse détaillée et échelonée dans le temps pour le comprendre. En 2013, le MOUVEMENT NORMAND m'avait mandaté pour étudier la situation exacte de ce projet d'arasement. J'ai rencontré à ce moment là de nombreux élus locaux et je suis arrivé à la même conclusion que M MILLET. Nous comprenons alors pourquoi l'entourage du Ministre, au sein de son cabinet, lui a présenté un film dans lequel l'ensemble des élus et des populations sont d'accord pour un arasement. Plus les mensonges sont gros, plus cela passe...! Hélas dans ce dossier, TOUT est instruit en ce sens unique. La seule personne qui avait compris, c'était Ségolène ROYAL, mais à présent, les dispositions qu'elle avait osé mettre en place sont en cours de dépeçage. 

Pour conclure, ECOLOGIE NORMANDE se félicite d'avoir refusé de participer à cette "duperie" de comité Théodule. La quasi totalité des Maires a compris le niveau de duperie. Aussi, depuis la parution de la Gazette du 23 mai, et l'article de M. MILLET, nous recevons de nombreux appels d'élus qui ont pris conscience de la gravité de la situation. A cela, ECOLOGIE NORMANDE les informe et en ce cas, remplit son rôle et sa fonction de lanceur d'alerte. 

ECOLOGIE NORMANDE fait confiance au Ministre Nicolas HULOT pour le choix qu'il retiendra. Nous connaissons ses positions exactes qu'il nous a livré lors de son discours des voeux de janvier 2018, lequel se traduit par une feuille de route écologique et énergétique jusqu'en 2022. Ce qui permettra à nos barrages d'être sauvés et de continuer à jouer leur rôle de régulation des flux, évitant ainsi une catastrophe potentielle. Il n'en reste pas moins vrai que le PPRI doit être instruit sans délai et que de plus, doit être également mis en place un PAPI (Programme d'Actions de Prévention des Inondations) (**). 

Pierre JUHEL

 

(**) PAPI = Il est destiné à gérer l'inondabilité sur les bassins versants, répondant alors aux risques encourus par les populations locales.