Flamanville

EPR FLAMANVILLE 3 à la DERIVE ??

Des nouveaux retards et reports de mise en fonctionnement de l' EPR à FLAMANVILLE dans la Manche. Certes, nous y sommes habitués, mais nous devons nous interroger sur l'avenir de cette technologie. Il faut bien avouer que dans le monde entier, aucun EPR n'est arrivé à bon port; qu'il s'agisse du procédé chinois ou de celui d' AREVA-EDF qui nous concerne, aucun n'a respecté ni les délais de réalisation, ni les budgets soumis à des surcoûts abyssaux. 

S'agissant des deux sites "Olkiluoto - Finlande" et "Flamanville 3", que constatons-nous, sinon un retard considérable pour des réalisations renvoyées aux calendes grecques et affectées d'un budget initial arbitrairement dépassé. Le projet de Finlande commencé en 2005, prévoyait une livraison en 2009 pour un budget de 3 Md€. A la fin 2012, aucune livraison possible et de multiples reports pour une addition se chiffrant à 8,5 Md€, soit une augmentation de 180%. C'est alors que les clients finlandais ont saisi la justice et ont obtenu d'AREVA la somme de 450 millions € en guise de contentieux. 

Nantis d'une grande expérience technologique dans le domaine des EPR, "EDF et AREVA" récidivent à Flamanville pour réaliser EPR 3 sur le site de la centrale existante. La chantier, commencé en 2007, pour un montant de 3,4 Md€, n'est toujours pas en état de livraison (peut-être en 2020 ?). Son  chiffrage en temps réel a été réévalué plusieurs fois par EDF soit en 2015 pour un montant de 10,5 Md€ (+ 200%). Ce chiffre, depuis, a été revu encore à la hausse, compte tenu des nombreuses erreurs techniques dues semble t-il à un manque flagrant de maitrise. C'est ce qu'appelait l'hebdomadaire L'EXPRESS en janvier 2017, comme étant l'Atomgate de Flamanville, face vivante du lobby de l'atome en France. 

Dans cette affaire, l'ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) est même pointée du doigt par les acteurs du lobby au point de juger les décisions sécuritaires de l'ASN comme excessives ou à cause du resserrement des normes. Comme si la sécurité n'était qu'un élément de second degré. On retrouve bien ici cette faillite managériale qui consiste à abreuver les populations d'informations fallacieuses pour mieux cacher les inconséquences généralisées sur un processus non maitrisé par des éléments plus concernés par l'empathie de leurs carrières respectives. Reconnaissons toutefois que de tels dépassements, volontairement renouvelés, relèvent pour le moins de l'inconscience collective. 

Comme si cela ne suffisait pas, EDF et AREVA (ORANO désormais) se sont lancés encore une fois dans un autre chantier de 2 tranches EPR à HYNKLEY-POINT (Pays de Galles). Le chantier démarre seulement et les paris sont ouverts quant à la durée de celui-ci. Cinq, dix ou vingt ans...? Sur ce point, il nous faut bien nous référer à l'émission du 30 mai 2018 sur France 5 "Nucléaire, l'impasse française". La présentation de ce dossier est sans équivoque. Malgré les affirmations de ses dirigeants à haut niveau, EDF ne réserve pas la place utile aux énergies renouvelables, pour mieux placer ses "bombes à retardement" que sont les EPR du malheur désormais programmés en lieu et place des solutions souhaitées par le plus grand pan des populations. 

Cela dit, il m'est insupportable de constater combien l'argent du contribuable est respecté.

 

Geoffroy AUCOUTURIER

Essayiste

 

 

 NB : ATOMGATE : baptisé par l'EXPRESS n° 3421 (sem. du 25 au 31 janvier 2017)