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GLYPHOSATE et HUILE DE PALME au PILORI

Comment faire une différence sérieuse entre une chimie verte et l'autre que nous qualifions d'industrielle? 

La chimie verte :  Ou chimie durable (écologique), consiste à appliquer les principes d'élimination des substances néfastes à l'environnement. On l'appelle aussi chimie organique renouvelable. L'huile de palme est considérée comme étant une chimie verte. 

La chimie industrielle :  Est issue principalement de dérivés d'hydrocarbures. C'est une activité économique produisant des mollécules et des composés chimiques destinés à une utilisation massive (engrais, pesticides,..etc...). Cette activité génère à elle seule plus de 90% des pollutions actives.

L' HUILE de PALME : Issue des palmiers à huile, elle est récoltée à 85% en Indonésie, Malaisie et Thaïlande. Son principal problème est que, devant la demande de plus en plus forte des pays industriels consommateurs que nous sommes, les plantations de palmiers provoquent une déforestation hyper galopante. Dès lors où l'on sait l'importance des forêts sur la biodiversité, on en conclut très vite que cette situation ne pourra pas durer bien longtemps. Mais les industriels, avides de rentabilité et de profits démesurés, provoquent ces déforestations comme cela se propage depuis des décennies en Amazonie brésilienne. 

Pourtant, l'huile de palme se compose de "mauvaises graisses" (acides gras saturés de 45 à 55%), introduites dans de nombreux produits alimentaires de grande consommation (Nutella par ex.) alors que l'huile de colza n'est affectée que de moins de 3%. Aussi, dans l'huile de palme, nous avons en excès des acides gras générant plus aisément le cholestérol. Cette huile se trouve dans de nombreux aliments industriels (biscuits, pâtisseries, margarines, pâtes à tartiner, pâtes feuilletées et nombreux plats cuisinés...).

Concernant les bio-carburants, les industriels (TOTAL - La Mède par ex.) préfèrent la solution huile de palme plutôt que celle de colza, du fait du prix nettement supérieur de cette dernière à la tonne. Au moment de la recherche de solutions économiques pour notre agriculture qui piétine, l'occasion ne serait-elle pas venue de discuter avec les organisations agricoles et réinventer une filière "colza" qui serait préférable, ne serait-ce que sur le plan du bilan carbone qui explose du fait de son transport par voie maritime. Concernant la raffinerie de La Mède, nous considérons que le sujet a été réglé à l'aveugle, dans le but de sauver  300 emplois locaux, certes, mais pour autant faut-il agir contre les intérêts de la planète? Nous ne pouvons oublier l'intérêt supérieur des arbres dans la biodiversité. L'arbre c'est la vie...! Si à La Mède, et ailleurs, il devait intervenir un recul salutaire nous n'en serions que les bénéficiaires. Espérons un sursaut, autre que celui secondaire du profit à n'importe quel prix. En France, les surfaces cultivées du colza sont d'environ 1,5 MHa, ce qui laisse une large marge de progression pour une place de choix en substitution à l'huile de palme pour les biocarburants. 

La chimie industrielle : Là aussi, nous touchons un pan important de notre industrie et des emplois. Nous en sommes parfaitement conscients. Cela suffit-il pour obturer les dangers à l'endroit des habitants de cette planète? Sans ambiguïté, la réponse est NON. Si nous devons faire perdurer notre planète et éviter de disparaitre à jamais du système solaire auquel nous appartenons, il est urgent de se reprendre. Nous savons tous parfaitement que les chercheurs des laboratoires du monde entier savent ce dont il s'agit et connaissent les issues positives des produits qu'ils sont sensés mettre en oeuvre. Qu'il s'agisse du Glyphosate, très en vue actuellement, mais aussi tous les autres pesticides, les engrais ou les néonicotinoïdes (v. notre art. du 29/04/18 sur ce même blog)

Concernant les pesticides, genre glyphosate, il faut savoir que la notion de cancérologique reste, pour l'instant probable et n'a pas été avérée certaine par l'OMS. Certes, le principe de précaution doit s'appliquer, ne serait-ce pour les agriculteurs eux-mêmes qui sont très touchés. Toutefois, il faut bien rappeler que la limite de trois ans ne pouvait en aucun cas s'inscrire dans la Loi Alimentation car l'arrêt sur cinq années avait été pris par l'UE et ce, à l'unanimité, France comprise. En inscrivant 3 ans dans une loi, il s'agirait d'une surtransposition interdite par les réglements de l'UE. Certains diront encore que l'on se moque de l'UE, mais nous devons rappeler à ces personnes que les Directives sont faites pour être respectées et la France, au premier plan de la signature du traité Rome, se doit de montrer ce respect obligatoire. Ce que nous déplorons c'est la stagnation des études, pour le moins bloquées par les Bayer et Monsanto. Cela nous le savions. Pour la substitution des produits au Glyphosate, cela va demander du temps, et il n'est pas certain que dans 3 ans nous serons en possession de ceux-cI. En effet, renseignements pris auprès de l'INRA, l'on s'acheminerai plutôt vers les 5 ans. Quant à la mise en oeuvre d'une nouvelle agriculture, cela demandera des années tant la complexité est vaste. Mais nous devons dès maintenant nous y atteler. Voilà un vrai chantier du futur

   

Justin GROULT

Ecologie Normande