L'hebdomadaire LA GAZETTE de la MANCHE, cette semaine, a développé une prospective sur l'avenir de la BASE de LOISIRS de La MAZURE, existant sur le Lac de VEZINS, dont l'Etat accompagné de quelques "retardo-visionnaires" a décidé d'araser et par conséquent, supprimer la masse d'eau indispensable à la poursuite des activités dites "humides" de cette base bien connue dans le sud-Manche et au-delà. 

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REINVENTION ou SUBSTITUTION...???

En réalité, l'hebdomadaire se fait le chantre de cette équipée homérique de destructeurs, sans vergogne, d'ouvrages utiles et en son temps financés grâce aux impôts de nos grands parents. Et, comme s'il n'en suffisait pas, certains de nos contemporains sont en train d'organiser leur démolition, là aussi, au nom de l'Etat et comme chacun sait, avec les impôts mais cette fois les nôtres. Si nous étions dans le domaine du privé, un tribunal de commerce, aidé en soi par le Procureur de la République, jugerait cette affaire comme un acte de "cavalerie" (v. droit). 

Mais nous sommes dans le domaine "public". La seule punition qui puisse atteindre un "décideur" c'est la Cour des Comptes. Acte symbolique s'il en est car on ne voit quasiment jamais la moindre condamnation poindre son petit bout de nez. Pourtant, le cas de la Mazure est significatif. On a décidé de détruire les barrages, donc le lac et ses 20 millions de m3 d'eau, servant de lit, en l'occurence, à une activité de loisirs sur l'eau. 

Ce qui veut dire en réalité, que cet organisme "para public" va devoir s'acclimater à la situation nouvelle, "se réinventer pour subsister", ou alors disparaître, après avoir pourtant (selon l'article) investi pour 1,6 millions d' € dans des travaux pour le moins en décalage avec la situation qui a été créée, je veux dire suppression de l'outil de base, le plan d'eau. Pour justifier ces derniers investissements, il semblerait que l'on ait fait miroiter au Directeur de la base la création d'un autre plan d'eau de 2 Ha (en 2009 - année de l'arrêt Jouanno). D'ailleurs, il en est bien conscient car "ce n'est pas pour tout de suite" selon lui. Et puis, ce plan d'eau, comment l'alimenter une fois la totalité de la retenue disparue..? Tout ceci est un montage à la "Dubout" tant les incohérences sont nombreuses. Ceci se confirme dans le cadre du financement à venir de cette base pour autant que nous jugeons "utile", mais uniquement dans son concept d'activités "humides". D'ailleurs, il semblerait bien que l'un des principaux utilisateurs, "American Village", ne s'y soit pas trompé car ils ont compris que la nouvelle donne n'est pas compatible avec des activités traditionnelles centrées sur un seul et même site. Sur ce point, il nous faut noter toutefois que l'incohérence règne localement dans ce dossier, en effet Monsieur GOUPIL, Maire d'Isigny semble ne pas connaitre l'ultimatum lancé par American Village. Très curieux ou pour le moins interrogatif. 

La "nouvelle dynamique" avancée par le Directeur, si elle est souhaitable, elle n'est pas pour autant acquise s'il veut maintenir un équilibre financier. Le déficit de 6000 nuitées est un constat immuable et incompressible si nous restons dans cette physionomie d'abattage. Les dispositions qui accompagnent celle-ci ne sont pas suffisemment étayées pour être crédibles. L'on nous parle de  recherche de clients sur le Grand ouest depuis 5 ans, certes, mais avec la perspective qui se présente à nous, nous pouvons craindre le pire. Quel intérêt auront des groupes ou même des parents d'envoyer leurs enfants dans une "simili colo" excentrée et multipôlaire dont la principale activité sera plutôt "sèche" car la Sélune ne laissera alors couler qu'un tout petit "pipi de chat" sauf au moment des envolées ardentes du fleuve, comme autrefois, selon les historiens. En l'état, la sécurité des enfants ne pourra pas être assurée correctement. Le maintien du lac s'impose car, là aussi, il est le régulateur.

Pour faire "piluler" le mastodonte imaginaire, il suffirait nous dit-on, de capter la clientèle du Mont St Michel...Gabejie intellectuelle. Pour capter ne serait-ce qu'1% de cette clientèle, cela se fait uniquement par des investissements touristiques colossaux que la collectivité seule ne peut pas, en l'espèce, assurer. Pour détourner une telle clientèle "ciblée" l'offre devra être exceptionnelle ou n'aboutira jamais. Tout comme cet imaginaire centre de recherche, nous pensons qu'il nous faut un peu de tenue "morale" et poser le problème dans l'ordre. C'est pour cela qu'ECOLOGIE NORMANDE a travaillé sur une idée forte qui pourra aboutir globalement sur le plan économique et qui justifiera pleinement une nouvelle dynamique sur la Mazure; il s'agit de notre porojet SELUNE 2050. Pour cela, il faut imposer l'abolition de l'arrêt Jouanno, devenu entièrement désuet et ne correspondant en aucune façon à la réalité qui nous est annoncée pour le territoire. Puis, il nous faudra réactiver la production énergétique électrique et créer celle de l'Hydrogène. Dans un premier temps, ce sera 150 emplois à la clé et par la suite, SELUNE 2050 premettra de créer plusieurs centaines d'emplois sur l'ensemble du sud Manche. Ces emplois étant issus de la filière ENR dont le H2 est le moteur. Ce sera uniquement dans cette voie que nous pourrons échapper à une désertification rampante. 

Nous devons désormais oeuvrer pour empêcher une prolifération d'impôts structurels qui deviendraient indispensables pour maintenir à flot un bassin d'emplois complètement détruit. Ce sera aussi dans cette seule et unique voie que La MAZURE perdurera et se réinventera. 

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE

 

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