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AVANTAGES et INCONVENIENTS  des E.N.R. 

Le 31 Octobre prochain, le Gouvernement va rendre sa copie sur le PPE (Plan de Programmation Energétique). Ce plan a été préparé par Nicolas HULOT et poursuivi par son successeur, François de RUGY, avec le soutien du Premier Ministre. Ce plan permettra, en théorie, de dresser une feuille de route sur la mise en place des énergies dans notre pays pour les années 2020 à 2050. Ecologie Normande approuve ce principe de PPE mais émet de grandes réserves quant à l'hexhaustion qui entoure ces futures dispositions.  

En effet, nous avons de quoi nous interroger sur la suite qui nous sera imposée car la logique retenue ne sera pas obligatoirement celle que nous attendons ou encore celle qui devrait s'imposer au regard des obligations issues des traités que notre pays a signé et parfois même imposé (lors de la COP 21 par ex.). Nous considérant en avance sur la lutte des GES, nous sommes imprégnés d'un sentiment de duperie en gestation. Tous ceux qui connaissent notre combat sur ce sujet, comprendront notre position. Les PPA (Plan de Protection de l'Atmosphère) mis en place en régions ont été réétudiés et, semble t-il, adaptés aux situations nouvelles. Pour mémoire, la première région française, l'Ile de France, par sa population ultra concentrée, présente des caractéristiques atmosphériques très inquiétantes. Les secteurs les plus polluants (en NO2) sont : les transports (69%) l'industrie (14%), les ménages et services (12%). Ce qui veut dire clairement que nous ne nous attaquons pas à la racine des pollutions.

Il est à craindre que les orientations qui seront données à la fin de ce mois ne soient pas à la hauteur des enjeux. Les entreprises les plus significatives éméttrices de particules fines et de dioxydes d'azote feront tout pour retarder l'échéance inéluctable, comme elles le firent déjà en 1973 et en 1979, lors des chocs pétroliers, avertisseurs d'un grand changement de paradigme mais obéré selon la sacro-sainte menace à l'emploi (déjà). Faut-il rappeler à ces "braves gens" ce que la pollution de l'air pollué coûte en vies humaines? Selon l' AEE (Agence Européenne de l'Environnement), en 2014, les décès prématurés (avant 65 ans) sont de 520 400 personnes, dans les 41 pays du continent européen (487 000 pour la zône UE). L' AEE fait état d'un bilan "macabre" et dans celui-ci, la France est positionnée au 5ème rang avec 45 840 décès. Allons-nous tirer la "bonne conclusion" de ces chiffres? A voir. 

Pourquoi notre inquiètude ? 

Elle se justifiera obligatoirement par les choix qui seront faits. Va t-on encore laisser croire aux français que le pétrole et ses dérivés sont importants pour notre industrie et nos emplois? Si une petite prise de conscience semble vouloir s'échafauder dans les populations et les territoires, à la tête du Ministère de la transition écologique et solidaire, nous n'en avons pas l'impression. Ce qui nous amène à penser qu'est sous-jacent cette notion nucléairo-EPR largement ancrée dans les disques durs des inventeurs "Orano-EDF" bien décidés à ne pas s'en laisser compter par les "petits citoyens" qui n'ont rien compris, et à qui l'on fait croire que la solution "tout électrique" dans leurs mobilités est la seule qui vaille. Avec un niveau de ce genre, il est absolument acquis que ces "bons enfants" vont nous construire 5 à 10 EPR qui nous amèneront jusqu'en 2150. Alors que ces "braves gens" ne sont pas capables de trouver une solution efficace pour éradiquer les déchets finaux qui seront bien présents pendant 2200 ans (rapport issu de Tchernobyl). Il ne faut pas oublier que ces voitures électriques auront besoin de batteries et que nous ne serons jamais en capacité de nous procurer les matériaux nécessaires à la fabrique de celles-ci. 

Et les ENR ? (renouvelables)

Elles ont toutes des avantages et des inconvénients

> Eolien: ne libère aucun dioxyde de carbone mais dépend du vent, affecte les paysages environnants et a une durée de vie limitée. 

> Hydraulique : aucun impact climatique ou environnemental; fournit de l'électricité à grande échelle et a une longue durée de vie. A aussi un impact sur l'environnement, à cause de ses immensités de lacs, nuisibles à la biodiversité si les mesures d'accompagnement ne sont pas en place. La technicité avancée d'aujourd'hui permet de contrecarrer ces effets négatifs. L'hydroélectricité permet aussi de produire de l'hydrogène décarboné, à coûts adaptés, grâce à la méthode physique bien connue, l'électrolyse. 

> Solaire : généralement par panneaux photo-voltaïques, cette énergie est intelligente, fiable, moins coûteuse et à priori illimitée, à contrario des énergies fossiles. Par contre elle est intermittente car la nuit ou par temps sombre elle ne produit pas. Reste alors à trouver une solution de stockage. Nous savons désormais que l'hydrogène peut remplir ce rôle. Là aussi, nous pouvons constater des effets négatifs sur les paysages locaux, lors d'implantations de "champs éoliens". 

> Biomasse :  source d'énergie stable mais qui reste locale. Elle est neutre en carbone à long terme. Par contre, cette solution est plus coûteuse à exploiter que les autres sources. 

> Hydrogène : à condition d'utiliser un hydrogène décarboné, par électrolyse, cette solution est particulièrement fiable, sécurisée et entrant dans un coût de production intéressant. L'hydrogène, alors, pouvant se substituer dans la plupart des mobilités en remplacement des carburants très polluants pour l'atmosphère (voitures, 2 roues, camions & remorques, tracteurs, trains, bateaux...). Cette solution permettrait de réduire considérablement la masse de NO2, comme en Ile de France par exemple (v. ci-avant). 

CONCLUSION

Nous considérons que l'abandon progressif du nucléaire doit être programmé. reste à savoir quelles dates seront retenues. Un chose est certaine, un vaste plan financier devra être élaboré pour substituer à terme cette énergie nucléaire dangereuse pour toute l'humanité - cf. accidents de Three Mile Island (USA 1979), Tchernobyl (Ukraine1986) et Fukushima (Japon 2011)-. 

Il est de notoriété que toutes les ENR regroupées ne suffiront pas à l'utilisation de tout le territoire français. Dans le même esprit, il serait peut-être temps d'envisager une réelle décentralisation de l'énergie dans les Régions, les seules à pouvoir gérer efficacement les besoins. Pour cela, il semble indispensable qu'un Grand Ministère des Energies soit institué, sous le contrôle mixte du Parlement et des Régions, dans le même esprit des mobilités "chemin de fer". 

Enfin, concernant l'hydrogène, comment imaginer que nous risquons de passer à côté de la réalité qui s'impose d'elle-même et qui, de plus, répond à une réduction massive des particules fines allant dans le sens de l'urgence sanitaire

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 Claudia SAINT-PAUL et Pierre JUHEL

 Additifs: 1) Le projet de loi sur la révision Constitutionnelle, suspendu momentanément, prévoit notamment l'inscription de la "préservation de l'environnement" à l'article 1er de la Constitution de le V° République. Ce qui viendrait compléter sur ce sujet les dispositions de la loi constitutionnelle de 2005.

2) A propos du nucléaire, nous relevons un article de Sud-Ouest du 10 sept. 2018 intitulé "L'énergie nucléaire jugée de moins en moins compétitive" par l' AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique). Cela est dû à l'impact des énergies renouvelables sur les prix de l'électricité et au bas prix du gaz naturel. C'est aussi peut-être l'une des raisons de l'augmentation récente du coût du gaz aux utilisateurs. 

Plusieurs pays ont entrepris leur désengagement de l'atome en raison des normes de sécurité renforcées, mais justifiées et, l'AIEA pointe par ailleurs les difficultés de "déploiement" de la technicité EPR. Ce qui fait conclure à l'AIEA que l'énergie nucléaire aura du mal à conserver sa place actuelle dans le mix énergétique mondial, avec des capacités pouvant chuter à 2,8% en 2050 contre 5,7% aujourd'hui. 

La FRANCE serait-elle la seule à poursuivre un chemin où se situeraient pêle-même mauvaise économie, erreurs stratégiques, dépenses pharaoniques inutiles et cataclysme sanitaire ?