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NOUS ENVOIE T-ON DANS LE MUR ??

La vraie politique française a bien repris ses droits ou plutôt ses flèchettes souvent incisives mais jamais décisives, tant leurs opérateurs sont si peu conséquents dans la durée. Depuis 20 ans, nous assistons à une conduite "POLITIQUE" des plus désastreuses pour le citoyen moyen. Les forces "cachées" que l'on appelle souvent les "Groupes de pression" sont là pour dicter au pouvoir en place le sens de circulation sur les ronds points, y compris à l'envers. Vous comprendrez qu'en circulant à contre sens on s'expose à des dramatiques accidents, mais pour tous ces "gens" ce sera "Que nenni"...! 

L'ELECTRICITE TOUT AZIMUT...

S'il n'y a pas de rejets polluants comme la plupart des moteurs à énergie thermique, il nous faut toutefois limiter les excès d'engouement. En effet, l'électricité en France est produite à 71,2% par le nucléaire (2017). A ce titre, les rejets directs dûs à combustion sont absents, mais il est indispensable de noter que l'énergie nucléaire n'est pas neutre au plan carbone. La France ne dispose plus de mines d'uranium et par conséquent, il est acheté ou exploité dans des pays à géopolitique variable, laissant alors une grande possibilité de se voir privé d'approvisionnement pour nos centrales. 

Concernant la voiture tout électrique, les batteries vont nous coûter très cher dans les années à venir. En effet, la production de ces batteries nécessite du Lithium. Les ressources mondiales de ce matériau sont ultra limitées. La Bolivie, dans son désert de sel, possède 40% de la réserve mondiale de lithium. Lequel matériau entre également dans la production de batteries pour les téléphones portables et les ordinateurs. C'est déjà la "Curée" et dans ce cirque inextricable, la Chine achète des sites à tout va, ne laissant que peu d'espoir pour les européens. Alors, comment ne pas se poser la question sur la disponibilité des batteries de rechange dans un avenir proche? Déjà, en Bolivie, une catastrophe écologique est en cours. Chaque jour, des tonnes de saumure chargées de lithium sont pompées dans les nappes phréatiques, asséchant les rivières environnantes. 

Si l'on y ajoute que généraliser la voiture électrique nous conduit vers une nucléarisation inévitable pour au moins 150 ans. Alors que partout dans le monde, le nucléaire régresse et même programmé à la diminution, surtout en Europe. Nous savons qu'EDF a demandé à l'Etat l'autorisation de construire cinq autres EPR à horizon 2050, dont pour la Normandie, l'un à PENLY (Seine maritime) et l'autre à FLAMANVILLE; le succès du premier EPR sur ce site étant prouvé (lol) il n'y a aucune raison de ne pas doubler la mise. Il semblerait qu'Hervé Morin, président normand, ait donné son accord tacite. Nous ne le saurons pas avant 2024, semble t-il, ce qui laisse un peu de temps à EDF pour affuter ses couteaux dans le cadre du futur PPE, préparé en grand secret, vous l'imaginez bien. Cette disposition irait dans le sens opposé de ce qui s'est décidé (et voté) depuis 5 ans. 

Les ENERGIES DE SUBSTITUTION ...

L'EOLIEN peine à se développer et nous savons pourquoi. Il s'agit d'une énergie intermittente dont le développement devrait, pour être efficace, être soumis aux besoins réels des Régions et non plus cette à centralisation abominable, de plus en plus incontrôlable, voire même inefficace. C'est le Parlement qui décide de la politique énergétique et c'est trés bien; les implantations de parcs éoliens sont étudiées sur des bases dépassées qui aboutissent souvent à une surcharge des réseaux. L'éolien maritime peine encore plus à cause des recours, parfois tendancieux, qui retardent longuement les procédures d'instruction. 

L' HYDROLIEN, énergie très spécifique, vient de se voir donner un grand coup de semonce dans le Nord Cotentin. A  voir pour la reprise de cette activité qui est en cours. 

L'HYDROELECTRIQUE : Sur 470 barrages, en France, il y en a 220 qui produisent de l'électricité propre à 100%. Ces barrages font l'objet d'une guerre fratricide, en intra EDF, avec l'aide d'associations dites écologiques, plutôt punitives qu'autre chose, afin de supprimer la plupart de ces ouvrages. Laissant alors le chemin libre pour un besoin irremplaçable du nucléaire. L'autre raison est la conséquence des décisions de l'Union Européenne voulant réduire la prédominence EDF dans les énergies de la France. Chacun comprendra pourquoi des voix en interne s'élèvent pour contrer cette DCE. Par contre, récemment, l'intersyndicale EDF a rédigé un mémo commun s'opposant à l'arasement des deux barrages de VEZINS et de La ROCHE QUI BOIT. Un pavé dans la cour du Conseil d'administration d'EDF. 

Sur ce dernier point, en juillet 2018, François de RUGY, alors Président de l'Assemblée Nationale, s'était violemment opposé au Président d'EDF (M. Lévy) lui intimant de respecter la loi, savoir que la politique énergétique de la France se décide strictement au Parlement. Nous ne sommes pas convaincus que cela ait été accepté par le CA d'EDF. Le résultat du PPE nous le dira. 

L' HYDROGENE énergie...

Voilà une énergie propre dont les spécialistes en France (hors EDF) se sont approprié rapidement. Le département de la Manche travaille le sujet depuis près de 10 ans. Le relais désormais est passé à la Région Normandie. EDF a décidé, en mai dernier, de finalement s'intéresser au sujet. Nous nous posons la question : pourquoi si tardivement, alors qu'ils exploitent tous les barrages hydroélectriques. En effet, l'hydrogène décarboné est produit par l'électrolyse de l'eau. Et la solution "unique" et "rentable" se situe dans ce procédé. Or, depuis 15 ans, EDF milite avec ses acolytes du moment pour un démantèllement irréfléchi ou encore bénéfique dans la mesure où il y a intérêt pour eux de favoriser durablement l'électricité nucléaire, ceci même si la filière "traitement des déchets ultimes" n'est pas réglée. Les nombreux débats télévisés récents sont là pour nous rappeler à l'ordre. 

ECOLOGIE NORMANDE, depuis plus d'un an, travaille sur le sujet en faveur du projet H2 SELUNE, à Vezins. Mais en fait, on s'en fout. Les lettres adressées aux élus, aux membres du Gouvernement et du Président de la République ne servent à rien. Aucune réponse....ni positive, ni négative...le grand silence...! Nous sommes traités comme des "vauriens" ou des "primates" et cela est intolérable dans notre République. En changeant de Gouvernement en 2017, nous avions eu un grand espoir de nouvelle stratégie, mais tout cela à nos yeux ne semble qu'illusoire. Il a fallu la démission surprise (mais logique) de Nicolas HULOT pour que nous comprenions ce piètinement de nos actes qui, pourtant, vont dans le sens d'un "vivre ensemble" qui n'est pas le vocabulaire de tout le monde. Notre projet, je le répète, s'intègre dans le développement new-industriel basé sur le H2 dont tout le sud Manche bénéficierait. En nous privant des ces deux barrages, au seul profit de groupuscules non visionnaires, peu scrupuleux du bien-être des populations et surtout allant contre l'intérêt de ces populations nous installons durablement la perspective de désertification de ce secteur normand. Sur ce même sujet, je reprends volontiers le prononcé de Nicolas HULOT, le 22 janvier 2018 : "...ne plus insulter l'avenir en oubliant de consulter les citoyens avant même que les décisions ne soient prises, comme c'est bien trop souvent le cas quand on parle de projets d'aménagement de territoire dans notre pays".  

En l'état, c'est la continuité d'une décision politique injuste, prise en son temps, décalée et mensongère à divers égards, et que seuls des politiques de haut rang peuvent rectifier, gommant au passage la désinvolture initiale de personnes peu éclairées sur un réel aménagement de territoire. Cette nouvelle décision effacera, j'en suis certain, le déficit démocratique et la verticalité du contenu et ses effets dont chacun s'accorde ici à vouloir refouler au profit d'une écologie très positive

Nous venons d'apprendre que la Cour d'Appel de La Haye (Pays Bas) a imposé au Gouvernement des Pays Bas l'obligation de réduire ses émissions de GES. C'est un pas important qui doit nous conduire bientôt vers la création d'un TRIBUNAL CLIMATIQUE INTERNATIONAL, comme ce fut le cas pour les dirigeants de certains pays accusés de crimes contre l'humanité; la Charte d'environnement de notre Constitution ayant jeté les bases environnementales pouvant servir de guide à un tel projet.

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE