Gilvert-EcoNor (1)D'ENFILER SON GILET VERT 

Il n'est pas question de parodier qui que ce soit ou de récupérer quoi qu'il fût, mais le moment est probablement venu de se poser les bonnes questions sur notre avenir et celui de notre planète. Dans ce fracas de décombres provoquées par quelques professionnels de la "casse", et qui sait, peut-être ceux-là même qui tiennent les quartiers où la police et les services de l'Etat ne peuvent plus accéder. 

Si l'éffigie d'un Gilet Jaune est démonstratrice de la colère, celle du Gilet Vert est celle de l'espoir, car ce vert va nous permettre enfin, tous ensemble, de faire preuve de citoyenneté et de responsabilité. Si ce n'est pas le cas, nous sommes tous condamnés à la décadence et un peu plus tard à la disparition.

Depuis la Révolution industrielle du 19° siècle, nous entamons notre capital de ressources naturelles et, les décennies passant, nous avons atteint la limite critique des possibilités du retour à la normale. A ce stade, chaque année nous fait entrevoir les limites de nos dépassements et en 2018, dès juillet, nous étions entrés dans la phase à crédit. Ce qui veut dire clairement qu'entre juillet et décembre, nous consommons ce qui ne nous appartient pas. La conséquence de cela sera très compliquée car nous ne voyons pas, au niveau international, le moindre geste fort pouvant réveiller et émoustiller nos consciences. Il y a certes les accords internationaux, mais sont-ils suivis d'effets? Une poussière sur une échelle aux valeurs gigantesques. A ce régime là, nous devrons inscrire les effets sur trois siècles au moins...!

S'ajoutant à la surconsommation des ressources, il nous faut inclure les diverses pollutions, les pesticides et les perturbateurs endocriniens qui, tous réunis, portent atteinte à la biodiversité et signent inexorablement nos arrêts de mort (48 000 /an). Nos sociétés consuméristes, en cela, leurs créateurs et plus récemment leurs protecteurs lobbyistes, ont entretenu ce faisceau destructeur. Ce qui, disons-le, provoque une mise à l'écart des humains dans une proportion croissante. Depuis la fin du siècle des Lumières, nous pensions avoir trouvé La solution économique idéale. Enorme foutaise car cette solution et ses résultats sont à géométrie variable. L'éradication du chômage est la grande utopie de notre siècle car nous aurons, tout au plus, quelques variables d'ajustement. 

Le moment est venu de changer notre paradigme, d'analyser ce qui ne va pas et surtout élaborer des "solutions DURABLES" qui n'ont rien à voir avec cette société plus proche du Bagne de Cayenne que du Jardin d'Eden. Il est trop facile de jeter le dévolu sur les chômeurs qui, selon quelques dirigeants, ne veulent pas chercher de travail. Il est décidément plus aisé de raisonner en ce sens dès lors où l'on a la bouche pleine et la ceinture exsangue. En 2018, tout le monde est en colère, justifié ou pas, mais je crois que le moment est venu d'établir une certaine échelle des valeurs dans la société. pour cela, nous devons repenser son organisation et ses  fondements. Il faut impérativement supprimer ces notions dépassées de "gauche ou de droite", mais revenir à la notion "humaine", celle que nous n'aurions jamais dû quitter. Depuis 50 ans, le déséquilibre sociétal s'accroit et est entretenu avec le spectre du chômage. Pourtant, les entreprises sont mieux gérées grâce à une éducation professionnelle meilleure et à l'ingéniosité des participants. Alors...?

Plusieurs raisons apparaissent. Nous avons introduit, en priorité, la notion de rentabilité extrême et les buisness-plans sont là pour le prouver. Ne faudrait-il pas introduire un large soupçon d'esprit coopératif dans nos entreprises. Mais à contrario, nous avons démissionné et laisser libre cours à une facilité mondiale assassine, en favorisant trop de pays émergents comme la Chine (et pas que). Si nous réduisions de 20% (globalement) nos recours industriels extérieurs (Chine, Inde ou Bengladesh), nous serions en passe de réduire le chômage à moins de 2%. Ce serait sensationnel car bientôt, il ne sera plus possible de financer les minimas sociaux, les assedic ou les retraites. Quand on nous parle de ce dernier point, il s'agit avant tout de nous rassurrer, mais la réalité est différente. Le résultat est probant. L'Etat a recours systématiquement à des taxes destinées à servir de "dents creuses" sauf que la taxe carbone, si elle était bien destinée à financer la transition écologique, il y a 15% au moins qui entre dans le fonctionnement de l'Etat. Purement inacceptable. 

Pourtant, la mise au VERT est indispensable si l'on veut survivre à ce fléau climatique qui nous attend. Chacun s'imagine protégé, on ne sait pas trop à partir de quoi et c'est probablement cela qui suscite le scepticisme chez nos concitoyens, alimenté par quelques trompettes de Jericho sonnées à grand  frais par certains dirigeants. Oui, le moment est venu d'enfiler son GILET VERT. Non pas par plaisir d'opposition mais parce que l'ensemble de la société va s'orienter vers ce secteur et déboucher sur des emplois nouveaux, pérennes, français aux technologies non transférables. Pour cela, le libéralisme à tout craindre devra laisser sa place à un libéralisme contrôlé. Si ce gilet VERT est piétiné, ce sera toute notre civilisation qui sera piétinée. Par exemple, dans les énergies renouvelables (ENR) nos dirigeants (nationaux et régionaux) sont en totale incohérence avec les dispositions internationales et parlementaires. L'exemple de l'hydrogène 100% décarboné est frappant. Le département de la Manche, depuis près de10 ans est en France le plus avancé. La Région Normandie a repris le flambeau. L'étendard "NORMANDIE HYDROGENE" flotte mais il n'y a que des mots, aucun acte. Depuis toutes ces années, dans la Manche par exemple, il n'y a aucune station de remplissage d'hydrogène. Comment prétendre développer une énergie dans ces conditions? ECOLOGIE NORMANDE, depuis un an, propose de developper une production d'hydrogène par électrolyse sur les barrages de la Sélune, à raison de 30 tonnes H2/jour. Je ne vais pas encore développer ici cette affaire que chacun connait désormais, mais nous avions grand besoin de l'appui réel et sérieux de la Région. Le président MORIN m'a répondu le 25 septembre 2018, à Cherbourg, lors de la présentation de Normandie Hydrogène "ton projet, personne n'en veut...!". J'ai alors pris acte que la Région Normandie ne s'intéresse pas au sud-Manche et je tenais ici à vous le faire savoir, chers amis lecteurs (depuis hier vous avez franchi le cap des 10 000). Cela est d'autant vérifié que la presse de ce WE fait état d'une production d'hydrogène au Havre pour alimenter un pseudo projet de train H2 entre Fécamp et Le Havre (tiens donc?). Mais cet hydrogène ne sera pas décarboné, donc polluant l'atmosphère. 

Tout cela est désolant. Si je ne partage pas l'esprit de ces Gilets Jaunes, je leur reconnais volontiers qu'ils sont bien fondés à se manifester devant toutes les incohérences économiques et financières de dirigeants peu éclairés. Dans 7 mois, nous aurons les élections européennes, particulièrement ardues, comme chacun sait, et dix mois plus tard, ce seront les municipales. Chacun devra s'intérroger sur le  réel devenir de notre Région et de notre Nation. Alors viendra le MOMENT pour chacun d'ENFILER son GILET VERT synonyme d'espoir pour tous. NE LACHONS RIEN....!!!!

Pierre JUHEL

Président d' ECOLOGIE NORMANDE