futur-vert

 

EST-CE  FOUTU....? 

Voilà une photo prise lors de la Grande journée pour le climat le 8 septembre dernier, laquelle a fait le tour de la France dans les différents médias. Elle est significative, mais qui s'en préoccupe en décembre? Personne, disons-le, n'ayons pas peur des mots. Le mouvement "jaune" n'est pas, à coup sûr, le maillot du leader de notre cher Tour de France. Plus les jours passent, plus les violences s'accentuent et plus la France s'enfonce dans la régression et le chaos. Pourquoi cela? Parce qu'une partie de la France n'écoute pas l'autre. Je veux dire les grandes Métropoles qui, depuis des années, enfoncent à coup de maillet les "Territoires" de notre République. Je me souviens de l'après mai 68, alors jeune débutant dans les BTP, mon collègue topographe nous disant à tous "vous verrez, laissez passer le Tour de France et ça recommencera !"...Il voulait dire que rien n'était réglé sur le fond. Il avait eu tort car il n'y eut jamais de débordements de l'ampleur de Mai 68. En quelque sorte, les dirigeants du moment ont mis délicatement les idées scabreuses sous le tapis et n'ont jamais permis que les sujets majeurs soient revenus à la surface. 

Si les corps intermédiaires ont essayé parfois de les remettre au premier plan, la méthode employée a plutôt été effacée sinon peu convaincante. Alors, on en est là. Nos développements étatiques étant strictement basés sur le "TOUT Pétrole", les chocs pétroliers ont eu raison du "train-train" ambiant de notre économie. La grimpette du chômage a annihilé toutes les tentatives, permettant alors à nos gouvernants de poursuivre des politiques économiques d'enfumage toxique et souvent contraires, disons-le, aux intérêts des citoyens eux-mêmes. Dans les années 70, personne ne parlait de GES...!!

Quarante ou cinquante ans plus tard, quel avenir pour nous et pour les générations futures? Après avoir pratiqué en quelque sorte la politique du "Coucou", nous sommes désormais envahis par les "Vautours". Or, la Constitution de la V° République doit être le premier rempart des citoyens qui n'ont que cet artifice pour continuer à vivre. Il faut changer les choses, certes, mais ne jamais tomber dans le mépris des autres ni dans la violence anarchique. Les jeunes enfants ne doivent jamais être pris en ôtage car ce sont eux qui, demain, prendront les rènes de notre destinée commune. Alors, autant le faire dans le bon sens; la casse, comme en 68, n'a rien arrangé, croyez moi. 

Ceci rappelé, nous faisons quoi?

Il semble que le monde politique s'agite un peu. Car qu'on le veuille ou pas, il s'agira de solutions politiques et rien d'autre. Les erreurs qui nous ont entrainé dans cette situation, étaient politiques et, en ce sens, seule la politique peut réparer, même si certains ne veulent pas entendre ce mot. Croyez-vous sérieusement que Mme LePen, M. DupontAignan, M. Wauquiez ou M. Melanchon restent les bras croisés? Non...! Ils brandissent leur spectres populistes en espérant toucher la mise avec un brelan de deux et rayer irrémédiablement l'Europe de notre histoire commune. Ces "dignitaires" nous recommandent le détachement de l'UE et espèrent un maximum d'élus en Mai 2019 pour concrétiser notre avenir en dehors de dame Europe et mettre en place un certain "Frexit". A titre d'info, demandons aux britanniques combien va leur coûter leur Brexit. En avons-nous les moyens? Serons-nous capables de résister aux pressions internationales économiques? Qui peut croire que le chômage quitterait notre quotidien avec une purge pareille? Serions-nous aussi inconscients pour accepter ce "rétropédalage" de 40 ou 50 ans?  Pire encore, certains de ces "dignitaires" nous annoncent leur farouche volonté de se présenter comme "écolos"...Nous, les spécialistes du Développement Durable, qui cherchons depuis de nombreuses années une solution VERTE pour notre planète, sommes exaspérés devant ce dédale de postures de circonstance. Aussi, le principal problème que nous aurons à affronter prochainement ce sera celui-ci. Lutter contre les improvisateurs de la politique et récupérateurs de voix. 

Maintenant, d'autres voix commencent à émerger et avec des solutions "DURABLES" mais qu'il faut discuter avec les responsables de ce mouvement parti de la base nationale. Encore faut-il accepter de discuter avec celui qui est en face et surtout respecter son alter-ego sans le pistolet dans la poche.  Nous voyons bien apparaître les divergences de vues ou d'objectifs au sein même des "Gilets Jaunes". Nous sommes dans la même situation qu'un couple qui divorce mais qui veut en même temps détruire l'autre...l'éradiquer. Cela n'est pas possible et surtout pas souhaitable. Alors, la bataille rangée se termine et on s'asseoit face à face pour discuter en êtres humains. 

Dans sa présentation qu'il en fait, le Gouvernement a tort de s'arc-bouter sur des positions totalement étrangères aux situations rencontrées par le peuple. Il ne s'agit plus de dire aux dix millions de concernés qu'on va leur donner une "petite grattée" (c'est ainsi que nous le ressentons tous). Si tels sont les intentions de l'Etat, il a mille fois tort, car il y a un réel problème de pouvoir d'achat. Les arguments qui nous sont avancés en 2018 ne font plus partie des ingrédients qui nous sont ressassés inlassablement depuis 40 ans. La seule question que nous devons TOUS nous poser est celle-ci. Chacun a t-il le droit d'exister ou de vivre (même chichement) autrement que par une exploitation, que par ailleurs notre histoire a voulu éradiquer? Mettre l'améliotation du pouvoir d'achat en faisant état de la suppression de la taxe d'habitation est une ineptie dans la mesure où la plupart des gens concernés sont exonérés de cette taxe. Une mère de famille qui, le 10 du mois, ne peut plus rien acheter est carrément du domaine de l'inconscience.

Par ailleurs, toutes les taxes qui sont à charge des populations, sans qu'elles puissent établir un réel comparatif (carburants, gaz, électricité) doivent faire l'objet d'une refonte totale du mécanisme. Les budgets de l'Etat, dans leur montage, depuis 30 ans au moins, ne sont plus adaptés aux situations économiques. Pourtant les chocs pétroliers auraient dû nous inciter à revoir cette fausse copie que nous prenons tous en pleine figure. 

L'on ne reprendra pas les listes de revendications qui circulent de façon anachronique, mais pour l'heure, nos gouvernants doivent "porter SECOURS" aux plus fragiles, avant qu'un budget adéquat, et new look, ne soit élaboré ou mis à plat. Il faut impérativement, et de suite, améliorer les trop bas revenus; par exemple, comme le disait ce matin Xavier Bertrand, créer une "prime de Pouvoir d'achat" non fiscalisée. Ce qui permettrait, en attendant une autre régulation dès le printemps prochain, de redonner des perspectives de vie entrant dans une cohésion sociale actuellement fracturée et déchirée. 

Ensuite, il faudra que les législateurs s'attaquent aux volets économiques et de décentralisation (Raffarin). C'est alors que l'on pourra faire émerger une "Gouvernance VERTE" créée à partir de nos territoires. Ce sera aussi ce volet qui permettra de développer des industries locales, seules en capacité de nous éviter des déserts économiques à foison. Les énergies VERTES et DECARBONEES seront alors le vecteur de ce développement rural. Ce plan, partant de la base, est la seule possibilité qui nous reste pour permettre à la France de poursuivre SA route vers l'équilibre. Depuis 30 ans, on a favorisé les délocalisations et désossé toutes les petites industries. A présent, si nous parvenions à réintégrer, ne serait-ce que 20% de cette masse délocalisée, le taux de chomage pourrait avoisiner les 2 à 3% seulement. Est-ce que ce choix ne permet-il pas d'être envisagé? Quand on veut........!

Puisse notre FRANCE poursuivre sa route de façon apaisée. Pensons à nos enfants. Non, ce n'est pas foutu..!

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE

Président.