terre-normande

 

SELON ECOLOGIE NORMANDE

Depuis hier, nous sommes entrés dans ce Grand Débat National voulu par le Président de la  République. Il ne nous appartient pas à décider si ce débat est ou sera utile et s'il répond ou pas aux attentes des manifestants "Jaunes", mais plus certainement, nous constatons que l'écologie va être au coeur des débats qui vont s'instaurer pendant deux mois à travers toute la France. En effet, l'un des quatre thèmes retenus, se trouve être la "TRANSITION ECOLOGIQUE". Nous en sommes honorés car le moment est venu pour que les populations s'expriment à travers leurs contributions environnementales.

Ce matin, le site officiel est ouvert à tous sur www.granddebat.fr et nous invitons nos fidèles lecteurs à lire notamment la notice de présentation relative à la Transition Ecologique. Je pense que nous devons faire confiance à cette démarche exceptionnelle qui pourra, c'est l'objectif, déboucher sur une protection accrue des citoyens au plan santé et un meilleur "vivre ensemble". 

RAPPEL du diagnostic : 2018 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée en France. A ce rythme des émissions de gaz à effet de serre, le seuil critique de 2°C de hausse de la température mondiale sera dépassé avant la fin de ce siècle, entrainant de manière irréversible un emballement du climat et la multiplication des catastrophes naturelles. Or, la France est en retard au regard des engagements signés lors de la COP 21 à Paris en 2017. Les évènements climatiques récents aux Antilles et dans l'Aude, en octobre dernier, sont là pour nous le rappeler.  

Les enjeux de base de ce débat ?

> Changer nos comportements, réduire utilement nos consommations et favoriser les circuits courts. 

> Réduire toutes les pollutions et protéger notre environnement. 

> Imaginer et mettre en place des nouvelles mobilités (transports notamment : voitures, trains, autopartage...). 

> Réduire les factures d'électricité et de chauffage en isolant les logements.

> Identifier les besoins et les attentes d'accompagnement des français dans le domaine du logement.

ECOLOGIE NORMANDE va s'impliquer pleinement dans ce débat, dans le domaine qui est le sien et sur le plan de la région en organisant des rencontres sur l'uniquel thème de la "Transition Ecologique" . Nous vous ferons part bientôt des dates retenues. Ce qui, notons-le, n'empêche nullement tout citoyen de rédiger ses propres contributions par internet (voir sur le site). Il nous faudra, tous ensemble, être massivement réunis et forts pour que nous préservions l'avenir de la planète et celui de nos enfants. Il en est fini de toutes ces petites précautions sans intérêt. Ce qui prime désormais c'est le "COLLECTIF" planétaire, à commencer par nous en Normandie. Il faut se  souvenir que la planète est un bien commun qui ne nous appartient pas, mais que, collectivement, nous en jouissons le temps de notre vie terrestre. Charge à nous de l'entretenir pour qu'elle perdure et qu'en aucun cas nous ne sommes autorisés à la détériorer. Voeu pieux, peut-être, mais il nous parait utile de le rappeler en ce moment crucial.  

SELUNE : Ce lundi 14 janvier, ECOLOGIE NORMANDE a été reçue au Ministère de l'écologie solidaire par le Conseiller du Ministre pour les questions énergétiques. Nous avons remis un dossier complet que nous avons commenté par une note de synthèse, notamment en ce qui concerne le projet inique d'arasement des barrages et notre proposition de production d'hydrogène décarboné. Si la filière H2 semble bien en voie de développement, nous avons compris que l'établissement actuel de la PPE (Programmation Pluriannuelle de l'Energie) joue l'effet de frein moteur. Une chose est certaine, et nous l'avons exprimé à notre interlocuteur, le Communiqué de Presse du 14 novembre 2017 ne peut servir de base à une destruction car ce document n'est, en aucune façon, un  document juridique officiel (nous l'avions déjà affirmé). Nous avons bien interprété que le conseiller de M. de RUGY est plutôt dans l'attente de la mouture finale de ce PPE. Si les choses devaient rester en l'état, il y a tout lieu de penser que l'hydroélectricité de Vezins ne pèserai pas lourd dans la balance, en contrepoint de la production nucléaire qui ne fait aucun doute dans notre ressenti. 

Les risques inondations que nous avons abordé de nouveau, ne sont pas perçus comme chacun d'entre nous sur le territoire mais nous avons eu l'impression de refaire le rendez-vous avec M. le Préfet du 1er décembre 2017 où il nous fût objecté l'utilité de régulation des barrages sur le cours de la Sélune. Nous avons néanmoins insisté sur les risques factuels dans la zone industrielle de Ducey en remettant des documents étayant les risques accrus par les populations d'une part, et avons relaté historiquement la dangerosité de la Sélune dans le passé (avant barrages). 

Quoi qu'il en soit, en fin de discussion, nous avons demandé qu'un moratoire nous soit accordé, le temps d'approfondir l'ensemble des aspects induits par ce potentiel arasement  et son coût réel notamment. Nous avons fait part de notre connaissance technique en matière de chiffrage réel de cette opération dans le temps, 10 ans à coup sûr, et pour un chiffre probable de 200 Millions € (in fine) incluant toutes les opérations de démantèlement et de renaturation progressive. Ce chiffre a fait bondir notre interlocuteur, certes, mais nous lui avons aussi expliqué que personne, dans ce dossier, ne donne les infos qui font peur  mais que l'on pratique aisément la politique de mise sous le tapis sans contrôle financier. Sachant que l'Etat ne participera jamais à cette dépense, pas plus la Région Normandie, ni le Département. Que reste t-il alors ? Le contribuable local, soyons clairs sur ce point, devra alors s'en acquitter et je me suis permis de le dire au Conseiller du Ministre, sans qu'aucune réponse ne nous ait été apportée. Et pour cause, car il s'agit là de l'un des points "faibles" de ce dossier monté à la hâte à l'époque du Grenelle de l'Environnement sous la forme de "compensations écologiques" (Michel THOURY me l'avait confirmé en 2013, lors de l'enquête que j'avais menée pour le Mouvement Normand). 

Nous conservons malgré tout un espoir de voir surgir la raison et une solution positive; qu'il s'agisse du maintien des barrages, de la modernisation écologique du cours de la Sélune ou encore, nous concernant, de permettre la création d'une unité Hydrogène à VEZINS, que le Président MACRON, hier encore, a tant vanté dans sa prestation dans l'Eure. Toutefois, il nous faut rester vigilents car le lobby "nucléaire" veille au grain. C'est probablement le vrai et unique problème qui nous étouffe. Enfin, nous savons que cette affaire est remplie de suspiscion sur le plan juridique notamment au regard de la Directive européenne sur l'eau qui a été manifestement surtranscrite en droit français, alors que cela est formellement interdit. Ce qui est d'autant plus réel qu'hier, à Bourtheroulde, le Président MACRON a été interpelé sur ce sujet par Sophie de GIBON, Maire de Canteloup (14); le Président lui ayant confirmé ce que nous avions appris il y a de nombreux mois, que ces méthodes sont interdites et que le Gouvernement est en train de "balayer" une trentaine de textes réducteurs. 

Voilà notre sentiment "partagé" mais surtout pas "défaitiste" car à un moment qui semble se rapprocher, les gouvernants vont devoir écouter les voix de la sagesse locale puisqu'en amont il n'en fut jamais le cas. Les "faux amis de la Sélune" vont bientôt devoir s'arrimer au train sans rails, à défaut d'être audibles et utiles dans leur démarche péjorative. 

 Pierre JUHEL