GdB 11

QUE VONT DEVENIR LES PROPOSITIONS ???

 Devrons-nous nous inscrire en faux face aux propositions qui seront retenues à l'issue de ce Grand Débat que nous approuvons dans sa tenue? Jamais, depuis les débuts de la V° République, et même bien avant (les Etats Généraux de 1789, peut-être) le peuple n'avait eu cette occasion de pouvoir s'exprimer. Même pour la Constitution de 1958, V° République donc, cela ne s'est produit, car le Général de Gaulle lors de la "débandade" de la guerre d'Algérie, est arrivé avec le quasi texte de SA constitution que sa traversée du désert (1946 - 1958) lui avait permis de concocter. Un simple référendum soumis au peuple permettait alors d'instituer cette mouture républicaine. Si les effets de cette nouvelle République furent positifs sur de nombreux points, il nous faut alors prendre conscience de l'intérêt que présente ce GRAND DEBAT aujourd'hui, mais pour autant celui-ci ne doit et ne peut en aucun cas servir de "fourre tout-ramassis" où le législateur n'aurait aucune chance de s'y retrouver.

Alors, soyons pragmatiques et utiles, dans le même espace, et l'analyse n'y sera que plus aisée. Par exemple, ce Grand Débat serait-il appelé à devenir l'anti-chambre d'une institution contraire à nos principes démocratiques dictés depuis plus de deux siècles à la Bastille, du style Syrie, Turquie, Vénézuela, Corée du Nord ou la triste mémoire du 3° Reich? Absolument pas! Si la situation politique de la France demande à être éclaircie, rénovée et modernisée, personne ne dispose d'un droit à détruire les bases Républicaines que nos parents ont bâti, souvent au détriment de leurs vies. Ne soyons jamais des ingrats aux yeux du Monde et je suggère que nous prenions le temps, fut-il plus long, pour que les générations d'aujourd'hui s'inscrivent sur le même chemin de nos grands parents, le respect de l'autre et le maintien d'une vie meilleure. Ce sera ainsi que nous pourrons établir le réel VIVRE ENSEMBLE tant recherché par l'immense majorité des citoyens.

Ce vendredi 15 février, à GRANVILLE, notre association ECOLOGIE NORMANDE avait organisé un débat sur l'un des thèmes retenus "la Transition écologique". Notre appel fut : Comment vivre ensemble la TRANSITION ECOLOGIQUE?  Cela fut-il entendu ou compris? Ce sera aux citoyens eux-mêmes de le dire, soit dans le temps court ou soit dans le temps un peu plus long. Il ne m'appartient pas de juger la parole de chacun, ce qui compte c'est plutôt cet acte de participation, souvent émis avec le coeur ou les "tripes". C'est le ressenti des populations que devra jauger le législateur, afin de ne pas décevoir les aspirations de l'ensemble de la Nation. 

Par contre, ce que nous notons à propos de notre réunion de Granville, le temps nous a manqué pour débattre de deux autres sujets majeurs : l'agriculture de demain, avec l'imposition de nouvelles méthodes et du nucléaire. Ce sont deux sujets très importants qui méritent pour chacun d'eux, une seule soirée. C'est promis, nous allons réfléchir pour que ces deux débats puissent se tenir avant l'été. 

Pour le nucléaire, c'est très important car la PPE (Programmation pluri-annuelle de l'énergie) est en discussion et, selon le journal La CROIX de ce 17 février, il semblerait que des "grandes manoeuvres" internes sont en cours d'élaboration à EDF. Ces manoeuvres portent généralement sur la réorganisation du Groupe EDF (ORANO inévitablement inclus). En fait, l'idée formulée par La Croix consisterait à placer EDF sous le contrôle d'une société à capitaux 100% publiques. Cette société, si nous comprenons bien, incluerait alors tout le productif EDF-ORANO soit : les centrales nucléaires et les grands barrages; l'électricité étant considéré par l'Etat comme des "actifs souverains". Nous le savions déjà, mais il semble bien que l'Etat prépare activement sa propre mouture PPE, sans discussion et sans contrainte pour lui. C'est probablement sur ce sujet sensible que nous pourrions avoir des inquiétudes quant aux suites apportées au GRAND DEBAT. Une chose est sûre pourtant, les barrages de VEZINS et LRQB ne feront pas partie du voyage...Nous comprenons alors l'entêtement d'EDF sur ce sujet précis de l'arasement.

En fin d'article de La Croix, le journaliste fait état du surendettement d'EDF; son Président JB. LEVY se montre satisfait des comptes 2018, mais dans le même temps les bénéfices ont reculé de 63% et la dette se situe à hauteur de 33 milliards €. A cela, il faudra ajouter la provision pour les démantèlements des tranches en fin de vie et que personne au Monde n'est en mesure de chiffrer réellement. Pour sa défense, EDF avance deux éléments :

a) l'électricité d'origine nucléaire respecte les émissions de Gaz à effet de serre. 

b) le prix de vente du KWh nucléaire est le plus faible du marché. 

EDF oublie de dire l'essentiel; le prix du KWh ignore les investissements des constructions (voyons par ex. le montant définitif de l'EPR Flamanville) et surtout l'addition hyper salée des démantèlements ou du stockage des déchets sur 2000 ans au moins. 

Comme dirait l'humoriste Anne Roumanoff "On ne nous dit pas tout"...Alors pourquoi ? Y aurait-il deux Grands Débats ? 

 

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE