mensonges

COMMENT DIRIGER NOTRE BALLON-SONDE ? 

Nous commençons à savoir comment fonctionne notre société et si, depuis la mi-novembre, nous sommes en présence de trublions sur les rond-points ou même en ville, c'est que notre organisation ne fonctionne plus. Pour les érudits du pouvoir, il est trop aisé d'avancer les manques de cohérence des réclamations alors que beaucoup de demandes (surtout celles du début) étaient tout à fait justifiées. Elles l'étaient surtout par le fait que depuis les débuts de la V° République, les ponctions fiscales de l'Etat se sont fait grandissantes sans la moindre contre-partie. En réalité, les taxations diverses, une fois prélevées, n'étaient pas intégralement affectées aux besoins pour lesquels elles furent justifiées. C'est le cas de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers), les radars fixes, et bien d'autres...Et ce qui aurait été la même chose pour les portiques routiers anéantis par les "bonnets rouges bretons". Le besoin de faire de l'argent est devenu si grand que tout ce qui pouvait être mis à disposition devenait incontestable sinon obligatoire. Pour exemple, l'après choc pétrolier de 1973 aurait dû nous interpeller mais rien de tout cela ne s'est produit. 

Nous nous sommes englués dans un train-train "basique" qui consiste à imaginer des "grands machins" (comme le disait de Gaulle) tous voraces de grande monnaie, sans se pencher sur les effets pervers de ces dits machins...Que l'on peut appeler communément des "niches" qui profitent à qui? Je vous le demande. Dans le même espace temps, l'on a pratiqué la fabrique de "fausses coupures", ainsi que des emprunts multiples qui nous obligent à établir un constat minable que nous croyions uniquement le monopole des démunis. A une différence près, que les démunis se font démolir gravement et durablement par les différentes commissions qui gèrent ces effets. Notre Cour des Comptes ferait bien de se pencher sur les réalités constatées et vérifiées dans nos territoires mais, selon le vieil adage républicain, on ne cherche pas des pous dans la tête des responsables. Que nous disent alors les démunis ? A leur échelle, les rond-points parlent et ce n'est que justice. 

Ecologie Normande a labellisé son "cheval de bataille" en préconisant un VIVRE ENSEMBLE désormais plus qu'utile. Les questionnements qui fusent dans les réunions du GRAND DEBAT en attestent l'ampleur. Les citoyens ont grand besoin de clarification et demandent de plus en plus des comptes à la Nation France. Ils ne peuvent plus admettre se faire "ponctionner". C'est leur leimotiv permanent désormais. A l'issue de ce grand débat, il faudra une bonne dose de réflexion et de doigté pour inscrire un remède pour le moins délicat, au risque de voir notre France traditionnelle sombrer sous les canifs des chirurgiens du n'importe quoi. 

Pour palier à ces effets, il faudra parler franchement aux français et en toute quiétude, expliquer aussi que, depuis plus de 40 ans, on pratique le mensonge, ce qui a provoqué l'émergence d'une société anti-humaine via celle de l'hyper profit et, pour couronner l'ensemble, le mensonge traditionnel s'est généralisé en "FAKE news". Au nom d'une société qui se dit "non collectiviste" il a été créé un système centralisé très pervers où le citoyen ne peut plus s'y retrouver. Il ne suffit pas de nous dire que l'électorat a changé, nous le savons tous, mais de comprendre pourquoi il a changé. Pourquoi les populations n'arrivent plus à suivre les effets électoraux.

En vérité, nos concitoyens en ont assez des réponses à "la ficelle" alors que celle-ci s'éffrite chaque année un peu plus. Faire la part des choses n'est plus désormais du domaine des citoyens mais celle, unique, des gens qui nous gouvernent. Qu'il s'agisse des Grands élus ou des petits Maires locaux, le "systéme" ne fonctionne plus, le répondant naturel n'est plus là, les civilités ont disparu de partout et nos équilibres se dispersent à tout va. Des barrières virtuelles sont dressées sur nos chemins, l'essentiel devient superflu et le faux dissimule le réel. Dans ce cas critique, comment imaginer un "VIVRE ENSEMBLE" pourtant indispensable? Il nous faut réagir et agir. Comment ? 

Ce n'est certainement pas en nous abreuvant, pour certains, d'une VIème République qui ne ferait que déplacer le problème. Faisons d'abord confiance en l'élaboration féconde de nos esprits devenus chagrins. Il nous faut admettre le déplacement de ce nouveau collectivisme (dans le bon sens du terme) en abandonnant la plupart de nos idées préconçues qui ne pourront JAMAIS rassembler toutes les énergies dont nous avons besoin pour poursuivre notre route et si possible la transcender. Imaginons si nous étions encore à l'époque des Cathares ou, plus loin, des invasions barbares, est-ce que pour autant nous devrions sans cesse nous abreuver de ces époques révolues? La France c'est un peu cela, on ne change pas une équipe qui perd, on se refuse à devenir plus modeste dans nos têtes et nous avons oublié la manipulation du sextant. On marche à vue...! 

La réussite, me direz-vous? Elle est en nous, si nous le voulons. Elle ne vient pas des autres. Nous avons déjà utilisé 20 % de ce 21ème siècle sans en apercevoir un petit bout de lumière pour nos jeunes car nous résonnons toujours à la méthode des civilsations perdues? J'en tiens pour exemple les eurosceptiques ou les climatosceptiques (ce sont les mêmes) qui, pour raisons personnelles ou par manque de connaissance, chercheront toujours à s'affranchir des réalités du futur via des mensonges tellement énormes que plus personne n'y prête attention ou se complait à alimenter le brasier dans lequel on s'est fourré.

C'est triste à dire, mais nous alimentons très souvent les oppositions pour tout et pour rien. En clair, notre "ballon sonde" subit les effets climatiques et nous avons perdu le mode de navigation.... 

Pierre JUHEL