sélune inondation 101

QUE VALENT LEURS SIGNATURES ??

Avant de philosopher sur ce très sérieux sujet, demandons-nous à quoi sert un élu??

Lors de la chute de l'ancien régime, devant la Bastille, nous avions cru aux mirages mais deux siècles plus tard, nous devons nous interroger. Au moment de son triomphe devant les urnes, le nouveau récipiendaire s'imagine avoir atteint le "Saint-Graal". Mais très vite, il doit se rendre aux évidences du quotidien car ce graal n'est jamais un acte de communion avec ses instances supérieures. Ses idées? ses intentions? ses positions? Quasiment tout ça est à ranger dans la cagibi au bout du couloir. C'est peut-être de cela que nous vient l'expression "...être au placard !", bien connue dans nos organismes et administrations. 

En fait, être un élu local, relève sutout d'une gageure répétitive. L'élu est en fait le "prétexte" à maintenir un semblant de démocratie, grand attribut devant l'éternelle Constitution. Le corps préfectoral, grand commis de l'Etat fort, est là pour faire varier l'invariabilité de nos dirigeants aveugles et sourds. Faites ce que je vous dis et surtout ne posez aucune question. Cela me rappelle mon incorporation dans la "grande muette" où il me fut opposé "réfléchir c'est commencer à désobéir". Que pensaient alors ces soldats, en 1915, qui furent fusillés pour l'exemple...? Et quel exemple ont-ils pu emporter avec eux ces malheureux cadavres ? Je reconnais volontiers que si mon père avait été "zigouillé" de cette manière, je ne me serais jamais réconcilié avec cet affreux Etat.

Cent ans plus tard, est-ce vraiment changé? Ma réponse est NON. Certes, la guillotine est au placard (elle aussi) mais des nouvelles formes de guillotines sont apparues, moins directes mais probablement plus sauvages. Celles-ci vous donnent une apparence de pouvoir que l'élu n'a jamais. Quand un maire et son conseil dit oui à un projet, il a au moins 50% de chances d'être réformé ou modifié, dans le sens de notre tout puissant Etat souverain. Si ce même maire et son conseil manifestent leur réprobation à propos d'un projet qu'ils jugent inopportun, là commence une galère décennale. 

C'est ainsi que les élus de la vallée de la Sélune, dans le sud Manche, sont emprisonnés aux fers et au pain sec, dans les oubliettes de notre révérent Mont Saint Michel. En fait, nous découvrons deux catégories d'élus, les pour et les contre. Cette réflexion vous paraitra peut-être naïve, mais pas tant que ça. Ceux qui savent se faufiler dans la bonne rangée, pensent jouer les factotum, sauf que...tous les six ans, les électeurs  donnent leur avis. 

Dans le cas précis de la Sélune, les signatures des élus, communiquées à Nicolas HULOT, Ministre d'alors, n'ont jamais été étudiées. Monsieur le Préfet, grand ordonnateur des basses oeuvres, a jugé bon d'établir un grand silence au mépris à la fois de ces élus "de seconde zone" et des populations qui seront tôt ou tard piégées par les eaux, comme nous le constations récemment dans l'Aude, l'Hérault ou ailleurs. Le mépris est devenu exponentiel à cause de ce "grand débat" qui s'est installé dans l'esprit des nouveaux "naïfs" qui ont cru, une fois de plus, à tort, que la démocratie allait triompher en régions. Hier, il en était rien, aujourd'hui de même et quant à demain, on n'ose même pas y penser. Comment peut-on imaginer une simple idée sur un territoire alors que Paris décidera toujours à notre place? 

Il faut réinventer cette démocratie à bout de souffle, et la remplacer par une "parole" non lobbyiste destructrice de notre planète. C'est le sens de mes paroles que je prononçai à ce haut fonctionnaire du Ministère le 14 janvier dernier, alors qu'il me disait notamment "Vezins, 15 ans, ça suffit...!" pour justifier l'injustifiable. Paroles d'ignares...! 

Etant donné que le Ministère et M. le Préfet ont décidé de classer cette affaire dans le "placard du silence" pour mieux préparer sauvagement la "faillitte" des contribuables séluniens, nous publions ci-après la liste des élus qui ont eu le courage de signer cette lettre au Ministre le 31 mars 2018. Ces élus, lors des prochaines municipales, en mars 2020, se rappelleront au bon souvenir de ceux qui ont cassé sciemment la République de la Sélune, sans autre forme de procès. Je n'attends même plus un sursaut d'écoute car ces gens-là se sont installés durablement dans le "couloir de la mort" en ayant pris soin au préalable de déconnecter leur sonotone. 

Mais au fait, qui a pris la clé du placard ...? 

 

Pierre JUHEL

ECOLOGIE NORMANDE

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