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LA BELLE AFFAIRE...!

"Les barrages français cèdent face aux intérêts privés" (26 / 03 / 2019).   

> Le gouvernement a annoncé sa volonté de privatiser 150 barrages hydroélectriques en France, en dépit de leur caractère hautement stratégique. Il répond ainsi à la volonté de la Commission qui s'était juré de faire chuter ce monopole d'Etat contraire au dogme de la concurrence libre et non faussée (cf. article diffusé par FRANCE Culture le 26 mars 2019). Moyennant quoi, il nous faut impérativement nous interroger sur les entreprises d'Etat et leur fonctionnement. C'est alors que nous nous apercevons qu'il serait utile de se poser les vraies questions sur ce sujet. 

La première que nous devons mettre en avant c'est l'objectivité d' EDF dans cette affaire et quand nous disons EDF, il faut y inclure toutes les allées et les contre-allées d'un pouvoir étatique embrouillé et souvent englué dans des orientations qui sont, en fait, créées pour alimenter une petite frange d'ingénieurs classifiée dans un dessein qui dessert plutôt les intérêts du peuple. L'Etat stratège est un leurre et ne fait que rarement aboutir à des solutions pérennes en adéquation avec une réelle économie mondialisée. Remarquons le systémisme des méthodes non renouvelables utilisées pour le management ou la R&D, nous comprendrons bien vite que nous sommes en décalage par rapport aux concurrents internationaux de plus en plus féroces. Et de là, face à ces mastodontes bien rôdés, combien de temps tiendront nos structures syndicales à 32 heures? 

Si nous voulions établir une réelle comparaison entre une structure type EDF,enveloppée dans un sarcophage "egyptien" et une société commerciale classique courante dans l'Union Européenne, il faudrait au prime abord, établir des nouvelles données techniques de management de l'outil et du personnel. N'oublions jamais qu'une entreprise de type EDF a été bâtie au lendemain de la seconde guerre mondiale, où le monopole institué sentait encore la braise fumante d'une économie socio-marxiste qui n'avait pas encore démontré l'étendue de tous ses avatars. Et ils sont nombreux ! Tant que la reconstruction européenne se poursuivait, aidée en soi par le plan du sieur Marshall et les 30 glorieuses, les comparaisons aveugles pouvaient courrir bon train. Il fallut l'avènement des chocs pétroliers puis la chute du mur de Berlin pour que l'on s'engageât dans une transformation industrielle utile mais le plus souvent inadaptée pour nos esprits réduits et si peu ouverts à l'international. Nous en payons encore les fruits en ce début de siècle nouveau. 

Les barrages hydroélectriques ont servi, sitôt la guerre, à la construction d'une indépendance énergétique mais cette indépendance s'est accompagnée, dans un premier temps, d'un asservissement polluant par les centrales thermiques (fuel et charbon). C'est alors que le Général de Gaulle avait initié (dans les années 60) l'énergie électrique via les centrales nucléaires, mais à condition, disait-il, de ne pas dépasser 25% la masse totale d'électricité produite par cette source. Nous en sommes à 76% et l'on nous abreuve de satisfécits élogieux pour élargir ce pourcentage grâce au miracle économique EPR et ce, malgré tous les problèmes qui sont posés notamment les déchets ultimes que nous ne savons quoi faire et les prix exhorbitants des démantèlements en fin de vie. 

Le cas aigu des voitures électriques -

Nous comprenons mieux le pourquoi d'EDF (associé à ORANO - ex AREVA) qui insiste sur l'utilité majeure de voir se transformer le parc voitures "fossiles" en parc électrique, énergie produite par les crayons d'uranium qui se trouve désormais dans des pays à géopolitique incertaine et dangereuse. Sauf pour Madame LAUVERGEON qui avait dégoté, à "petit prix"  trois mines d'uranium (affaire : URA Min). Cette affaire lamentable, rapportée en son temps par tous les médias du monde, et qui a mis AREVA dans des difficultés inextricables, n'a pas suffit aux esprits retors puisque désormais c'est le nom d' ORANO qui domine à travers la planète. Nous avons compris pourquoi ces insistances excessives sur la voiture électrique. En effet, il s'agit pour EDF d'un marché emergeant aux allures de "sucre d'orge"; mais l'on oublie deux choses majeures: 1) les batteries sont produites à partir de métaux rares et chers et la production se fait à partir de produits chimiques dangereux pour notre environnement. 2) La seconde chose c'est l'électricité elle-même, produite par le nucléaire qui génère des déchets ultimes radioactifs pour 2000 ans. Nous comprenons parfaitement l'intérêt d' EDF à  pousser vers l'extension des réseaux pour l'installation de bornes. Sans celles-ci, le projet gigantesque de nucléaire tombe à l'eau. Alors il faut inonder le marché au plus vite, de façon telle que l'on ne pourra plus revenir en arrière. Les conditions sont en cours de mise en place. 

Revenons à l'hydroélectrique -

Si ces barrages, pour la plupart en parfait état de fonctionnement, sont utiles, il faut bien savoir qu'ils font de l'ombre aux impératifs fixés par la gente nucléo-élec que l'on nous présente comme une filière "number one" et très utile à notre "brave France" qui n'aurait rien compris au film qui lui est présenté. L'ex Ministre, et très éclairé (!!) Nicolas HULOT, a compris combien les bornes qui relient l ' IA (intelligence artificielle) à nos esprits contradicteurs sont oxydées. Pour lui, c'est sûr, le choc differentiel a opéré et la voie est devenue subitement libre pour les autres. 

Dans ce grand "ménage" industriel, l'on comprend mieux les intérêts des uns et des autres et pourquoi l'on veut démolir des barrages qui sont en parfaite santé mais que l'on a affaiblis pour mieux ajuster le tir de mine. Les histoires de saumons ou de continuité écologique du fleuve ne sont que des "farces pour idiots", rien d'autre. Quand on veut tuer son chien, il aura toujours la Rage. 

Alors, OUI, la privatisation de certains barrages, demandée par Bruxelles depuis des années, pourrait être une des solutions la moins mauvaise. Essayer de nous ingurgiter des propos économiques d'un autre âge est inconvenant. Cela prouve que nous n'avons pas encore atteint LA maturité industrielle de nos voisins et concurents. Continuons notre raisonnement de cette façon et, à coup sûr, nous n'aurons plus de barrages, plus d'énergie propre et encore plus de désertification, mais ce ne sera pas pour autant que nous aurons sauvé le "soldat EDF". 

 

 

Gervais HOUITE